A bas l'unawesome sorcière-javel ! | fic épic, combats et awesomness au rendez-vous !

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Dim 13 Juil - 15:26


— Rends-toi, Adam ! Tu ne pourras jamais me vaincre. Tu sais à quel point mon pouvoir est immense…

— Jamais ! cracha le jeune homme. Plutôt mourir.

— Rejoins-moi plutôt… A deux, nous pourrions faire de grandes choses… A commencer par purifier ce royaume.

— Tu n’y toucheras pas, sale sorcière !

Enragé, le mage lança une bourrasque de vent sur la jeune femme aux cheveux blancs, qui ne bougea pas de son roc. Le paysage décharné qui entourait les deux combattants seyait tout à fait à l’epicness du moment. C’était l’affrontement ultime, le bien contre le mal, le blanc contre le noir, les forces obscures contre celles de la lumière. Ne manquait d’une musique de guerre derrière pour rendre le tout magnifique. Les deux adversaires étaient en sueur, en sang, et presque vidés de leur énergie. La fin du combat se rapprochait. Adam puisait trop de force à la fois pour suivre le rythme de son ennemie, qui faisait mine de contrôler la situation. Quelques morts jonchaient le sol. Beaucoup d’armes, beaucoup de sang. La terre ravagée et retournée pompait cet élixir comme elle pouvait, mais il lui faudra du temps pour se remettre de ses blessures. Le ciel, d’un gris fade, menaçait à tout moment de lancer ses foudres, et le soleil refusait désormais de voir plus longtemps si horrible spectacle. La lune allait bientôt être seul témoin de la victoire, ou de la défaite.

Soudain, la sorcière s’élança. Un éclat argenté fila en direction de son adversaire, qui le vit venir, et le détourna tout simplement à l’aide de sa magie. Mais ce qui fut moins simple, ce fut d’esquiver la femme qui fonçait sur lui, une autre dague en main. Un corps à corps s’engagea. Rapide et souple, elle évitait agilement les vents balafreurs qu’il lançait, et cherchait ne serrait-ce qu’à l’effleurer du bout de la lame. Ce serait suffisant. Juste ça, et elle gagnera. L’idée de faire ramper ce grand mage à ses pieds décupla la folie dans ses yeux, et la danse se fit plus rapide encore. Mais Adam n’était pas décidé à se laisser faire. Seulement, il sentait la défaite venir. S’il perdait, il mourait, et il ne le fallait surtout pas. La lignée des mages s’éteindrait avec lui, et il avait promis il y a longtemps à son précepteur qu’il saura la préserver. Il allait devoir lancer le sort suprême. Il n’avait pas le choix. Il se plia en deux, évitant un énième coup de couteau. Il lui fallait juste un peu de répit. Quelques secondes pour susurrer la formule. Il fit un bond en arrière.

— Tu te dérobes, Adam ? Aurais-tu peur de perdre ? Ne me dis pas que tu cherches à t’enfuir…

Le mage serra les dents. Il détestait d’avance ce qu’il était obligé de faire.

— Je gagnerais, un jour. Sois-en sûre. Je reviendrais prendre ma revanche, seul ou non. Je trouverais ton point faible.

Il brandit un poing vers le ciel. D’un coup, l’atmosphère changea. Un début de tourbillon se créa, dont l’homme était le noyau. Là-haut, les nuages s’éparpillèrent, laissant voir l’œil d’un trou noir, un vortex magique.

— NON ! Non ! Ne me dis pas que tu… !! éructa la femme en voyant ce qui se préparait.

Elle essaya d’atteindre le mage, mais le vent était bien trop fort, il devenait invisible derrière le rideau d’air. Il ne fallait pas qu’il survive, il ne fallait pas qu’il lance ce sort ! Soudain, sa voix, claire, nette, murmura, comme toute proche de son oreille.

— Par mes gènes, par ma vie. Par mon sang, par mes larmes. Par la magie qui habite mon être, je t’invoque, ô toi l’Immonde, le Mange-Monde, l’Infectieux, qui par tes balafres nourrira ce noyau de vie. Je m’offre à toi en ce beau jour, cette nuit magnifique et glacée, ce crépuscule fondant, cette aube nouvelle. Viens à moi !

Un instant, rien. Puis, un cri lugubre déchira le silence qui avait cédé la place aux chuchotements de la magie. Le vent retomba, laissant une place vide et nettoyée, exempt de vie. Le cri de la femme fit s’envoler les oiseaux dans les arbres alentour.




CHAPITRE I
Le début de la fin




— Et donc là tu vois, le Maraudeur est plus fort que la Bergère. Mais cette dernière peut faire un Coup Bas en diagonale. Donc toi, tu peux esquiver en L, mais seulement par là. Donc tu te retrouve coincé par l’Archer, qui te l’abat, et après, le Chevalier peut tuer ta pièce la plus forte, la Princesse. Pigé ?

— … Non.

— T’es chiante, Caro, tu savais ?

— Ouiii, je sais… soupira la jeune femme en se laissant aller en arrière dans sa chaise. Ce genre de jeux de stratégie sont pas fait pour moi…

Elle observa autour d’elle. L’auberge était remplie de gens en tout genre, du triton à la serveuse nymphe, en passant par l’assassin sanguinaire au mage quelconque. Ici, tout le monde avait quelque chose de différent avec les autres, une aptitude, un pouvoir qu’on aimait montrer. On frimait avec ses pouvoirs, avec ses ailes. Limite, les deux humaines attablées à une table ronde vers le fond de la pièce tranchaient au milieu de ce décor pittoresque de la ville de Loitaceila. Grande cité de plus d’un million d’habitant, elle abritait le palais royal, le casino royal, le théâtre royal, et d’autre sortes de trucs royaux qui nous intéresse pas pour la suite de l’histoire. Situons juste la ville dans le petit royaume de Pandora. Déjà, la cité prend un quart du pays, c’est vous dire. Ensuite, c’était un lieu très marin, puisque l’une de ses frontières était la mer d’Appicine, où de nombreux bateaux y parcouraient les eaux pour pêcher et aller vendre ça au port royal. Mais ce n’était pas de vulgaires poissons qui intéressaient les deux humaines, ni le plateau d’échec abandonné sur la table devant elle, et encore moins les très bonnes nymphes qui circulaient entre les gars qui se rinçaient l’œil, et parfois même les mains.

— Pourquoi on est venues ici, en fait ? demanda l’une d’elle pour la énième fois.

— Je t’ai dit qu’on attendait quelqu’un, rouspéta son interlocutrice, une jeune femme aux longs cheveux blonds, retenus en arrière par une tresse qui enserrait ses mèches.

Elle avait sur les épaules une longue cape bleue qui indiquait son statut de mage aquatique, qui la recouvrait entièrement, et fixée sous sa gorge par un blason compliqué au symbole inconnu. Sa compagne avait le même, sauf que sa cape était de couleur verte. C’était une mage terrestre. Et on a beau dire que ces mages-là sont zen et patients, ce n’était pas le cas de celle-là. Elle pianotait avec impatience sur le vieux bois, attendait leur rendez-vous qui se faisait désirer… Enfin, une silhouette louvoya entre les clients, et se glissa à leur table dans un grand sourire :

— Ah, enfin ! J’ai cru que je trouverais jamais cette fichue auberge… Tu pouvais pas faire au Chat-Garou, Amber, comme d’habitude ?

Cette dernière lui fit précipitamment signe de se taire :

— Pas si fort !! C’t endroit avait mauvaise réputation, puis on devenait trop habituées… Puis Caro ne connaissait pas. Sinon, tu as ce qu’on voulait, ou tu l’as cramé en route ?

— Rho, c’est bon quand même, je maîtrise un minimum mes pouvoirs ! Mais j’ai du y laisser de l’argent, là-dedans, n’empêche, tu devras me rembourser.

— Quand on sera célèbre et au service du roi, oui.

La dernière arrivée soupira et ouvrit son Inventaire, en sortant un vieux livre poussiéreux, qui avait l’air de vouloir tomber en morceaux dès qu’on en tournerait une page. Amber l’empoigna respectueusement et se dépêcha de le fourrer dans son propre Inventaire sous les yeux de son amie en vert qui n’y pigeait pas grand-chose :

— Hé ?! C’quoi ce livre ? Hein, Amber ? C’est quoi ? Et pis c’qui elle ?

Elle pointa du doigt la femme assise en face d’elle, capuchon rouge enfoncé sur son visage pour en dissimuler ses cheveux couleur feu et ses yeux noisette.

— Chut, moins fort !... supplia encore Amber, tirant la capuche de sa propre cape pour se dérober un peu aux regards indiscrets qui se tournaient vers elles.

— Explique, alors ! insista la jeune femme.

— Pas ici...

— Alors on se dépêche de filer !

Sans plus attendre, elle se leva en laissant sa chaise racler le parquet, incitant les deux autres à sortir aussi de l'auberge, se retrouvant en pleine rue trop fréquentée. Elles avaient choisies une auberge avec vue sur le port, toujours très actif à toute heure du jour ou de la nuit. Pas mal de touristes profitaient du soleil et de l'air marin, d'autres habitant ici faisaient leurs courses habituelles. L'endroit était très bruyant, et très grand. Enfin, surtout pour les trois filles, qui n'étaient pas natives d'ici. Les rues n'étaient qu'un dédale de pavés finissant parfois en cul de sac, parfois ne laissait pas d'autre choix que de remonter toute la ville pour en sortir. Mais il suffisait d'acheter une carte de la ville, dans une l'une de ces échoppes où tout est trois fois plus cher que la moyenne, et où tout était à moitié de la camelote. La carte t'indiquait notamment les raccourcis et points les plus réputés de la ville, comme les thermes royales ou le palais.

— On va où, alors ?

— Là où on pourra tranquillement lire ce livre.

Dix minutes plus tard, le petit groupe déboulait dans la bibliothèque royale, filant s'installer dans de confortables fauteuils au fond d'un rayon, sous les yeux mauvais du bibliothécaire qui aurait aimé qu’elles fassent moins de bruit.

— Bon, alors, vous allez m'expliquer ?

Amber fit à nouveau signe de parler moins fort, même si les environs étaient vides. Elle se pencha sur la table, d'un air de conspiratrice.

— Mira et moi, on a longuement cherché comment invoquer des dragons élémentaires ! Il paraît que ce livre explique tout !

— Et il explique aussi les sorts élémentaires ultimes ! Je vais pouvoir contrôler le soleil !! s'exclama la dénommée Mira.

— C'est vrai ?! s'écria Caro. Mais c'est super !!

— Chuuut, pitié !

— Mais comment vous l'avez récupéré ?! s'étonna la mage terrestre, tendant la main vers le bouquin. Vous l'avez volé ?!

La blonde et la rousse se coulèrent un regard.

— Disons plutôt que l'on se le soit procuré... Contre monnaie sonnante.

— Vous avez braqué une banque pour ça ?! glapit encore Caro, retirant ses doigts de la reliure du livre comme s'il l'avait brûlée.

— Mais naaaan. T'es bête...

Toutes trois posèrent le regard sur le livre. Il était en cuir usé par le temps, les péripéties qu'il avait du traverser et les mains qui l'avait porté et reporté. Il était gros, pourvu d'un bon millier de pages. Des pages jaunies et salies, qui craquaient. Certaines étaient ondulées, comme si le bouquin avait pris l'eau. D’autres menaçaient même de se détacher. La mage du feu n'hésita pas plus et approcha le pavé devant elle, ouvrant doucement la première page.

— « A toi qui lis ces lignes, si tu n'es pas autorisé à franchir ces pages, sans avoir fait couler un peu de ton sang en présence du propriétaire, attends-toi à voir les portes de l'Enfer s'ouvrir devant toi. Quiconque défierait cette loi à ses risques et périls sait ce qui l'attend. » ... Pas rassurant.

— C'est juste des trucs d'auteur qui veut se montrer impressionnant, laisse tomber, renchérit Amber en agitant la main. Continue.

Mira parcourut donc les chapitres.

— Magie de base... Maniement des armes magiques... Familiers... Magie élémentaire ! Ça doit être là-dedans.

Les deux autres femmes s’approchèrent, très intéressées, tandis que la mage cherchait la bonne page. Chaque partie du livre comprenait des explications très détaillées, les avertissements, le niveau requis pour pratiquer, la liste des ingrédients/objets nécessaires, des croquis compliqués… Berf, le parfait livre de magie.

— Alors… « Verser une goutte de votre sang dans l’essence de votre magie élémentaire (eau feu vent terre) et réciter la formule magique ci-dessous, sans vous tromper, car sinon vous risquez d’invoquer la mauvaise personne ou le mauvais animal. Il est conseillé de bien s’entraîner avant de lancer tel sort, qui consomme énormément d’énergie. Le niveau requis pour le faire est mage de niveau septempte. Pour plus de protection, vous pouvez utiliser un pentacle magique dessiné à la craie. Faites-vous accompagner lors du jet du sort, au cas où les choses tourneraient mal. » C’est super simple en fait !

— Mais Mira, on n’a pas le niveau ! Il va nous falloir encore des années avant d’atteindre le septempte ! Il est préférable de laisser ça pour le moment…

La mage de feu coula un regard sérieux à Amber, se penchant d’un air grave au-dessus de la table :

— Tu veux te débarrasser de la sorcière, oui ou non ?

La jeune femme blonde détourna les yeux sans répondre. Caro aussi baissa les yeux. Elle savait les souffrances qu’avait infligées la reine-sorcière au royaume de Pandora, et désirait aussi se débarrasser d’elle. Comme à peu près tout le monde sur cette terre. Sauf peut-être ses sbires, bien payés, les traîtres qui touchent une somme d’argent pour trahir leurs compatriotes. Heureusement, ils n’étaient pas nombreux. Mais chaque jour, elle arrivait à en asservir d’autres à ses pieds, et chacun craignait les plans maléfiques qu’elle formentait dans l’ombre…


***


— Madame ?... Le soleil ne va pas tarder à se lever… Il faut rentrer.

— Tais-toi, Akakun. Je ne suis pas bête.

Le jeune homme descendit avec l’agilité d’un chat de son perchoir, pour se poster de la pointe des pieds derrière une femme aux longs cheveux blancs, assise sur un roc. Il leva les yeux vers le ciel qui s’éclairait petit à petit derrière les monts cernés de neige éternelle. Celles-ci dominaient une vallée verdoyante et luisante de vie. La rosée s’accrochait aux herbes et aux feuilles des fruitiers, permettant aux animaux et oiseaux de boire à satiété. L’endroit était calme. Trop calme. Il sentait la magie. Une barrière de protection entourait sûrement l’endroit. Quelque chose d’important devait y être cachée. Et le jeune garçon se doutait que sa maîtresse n’allait pas laisser l’endroit comme il l’était. Il lui jeta un regard. Elle se tenait bien droite, les yeux fermés, et ses lèvres remuaient, comme si elle marmonnait une mélopée sans fin. La pensée qu’elle était démunie en ce moment lui traversa l’esprit. Il pouvait tout à fait lui planter un couteau dans le dos, qu’elle n’aura pas eu le temps de réagir. Mais non. Il ne pouvait pas. D’une, à cause de ce fichu sort qu’elle lui avait lancé, de deux… Pas maintenant. Il n’avait pas encore atteint son but. Il resta donc tranquille, observant les alentours de ses yeux fendus. Il craignait que sa compagne ne manque de temps. Elle devait lancer son sort à l’aube, mais c’était dangereux pour elle. Soudain, le sol se mit à trembler. Et le monde explosa. Quand la poussière et la magie des lieux furent retombées, elle ne laissa voir qu’un paysage morne. Plus de verdure, plus de vie tranquille. Juste un gros trou de terre retournée, et au centre, une source de lumière aveuglante. Un sourire étira les lèvres minces de la sorcière, qui avait relevé ses paupières sur des yeux d’un rouge sang.

— Parfait. Vas me le chercher.

Akakun ne se fit pas prier, et en quelques bonds, fut devant l’objet. C’était trop brillant pour ses pauvres yeux de chat, et c’est à l’aveuglette qu’il l’attrapa. Il était bouillant. Le faisant jongler d’une main à l’autre, il vint rendre son due à la femme, qui s’était levée.

— Très bien, filons maintenant.

Elle jeta un regard haineux aux rayons de soleil qui pointaient, là-bas, vers les cimes, et cria son sort de téléportation. Quelques micro-instants plus tard, il n’y avait plus personne devant le paysage dévasté.
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En couple ou Solo: J'ai mon renard, ça me suffit ! Ou pas...
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Dim 13 Juil - 15:36
Oh p*tain de m*rde , comment j'ai trop l'awesomness supreme ! Et Akakun est mon serviteureuh ! Veux la suite OWO
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Dim 13 Juil - 15:43
Holalalalalalalalalalalala ça promeeeeeeeeeeeeeet !!! *.* Moi qui adore ce genre d'histoires pleines d'epicness !! Akachi est ULTRA-AWESOME !! Gniiiiiiih je veux la suuuiiiiiiiiite !!!
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En couple ou Solo: SAMBA ! DE JANEIRO ! Ah c'est pas ça que tu veux savoir ? Ben t'en aura pas plus.
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Dim 13 Juil - 15:48
Genre, trop d'awesomeness dans le prologue & le premier chapitre. Faut que t'arrête de faire des fics aussi epic OAO
Je veux la suite >W<
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Dim 13 Juil - 19:54
Mes yeux. Je pleure devant tant de n'awesomitude. C'est beau ;w; en plus Adam il a dat classe **
Allez allez, la suite ! Avec des combats épiques >W< (et les fails que tu nous as promis. Plein de jolis fails. Please :33333 *puppy eyes attack* ) et pour ceux contre Akachi, il nous faudra un slogan à la mesure de son awesomeness oWo/paf/ A bas la maudête grosse tite ~ *a qui trouve la reeeef' ♥*
Sailor Cravache
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Sailor Cravache
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Dim 13 Juil - 23:09


CHAPITRE II
Ou comment les choses s'accélèrent méchamment


— Putain Mira !! T’es conne ou quoi ?

Entre deux quintes de toux, la mage d’eau se redressa, les yeux pleurant face à la fumée qui avait envahie la bibliothèque. Au loin, des cris, des jurons. A côté d’elle, elle entendit quelqu’un approcher en trébuchant sur les livres et ouvrages étalés au sol.

— Qu’est-ce qu’il s’est passé ? bégaya Caro, croyant reconnaître Amber au milieu du brouillard qui se dissipait petit à petit.

— Je ne sais pas. En tous cas, je vous remercie bien de m’avoir sorti de ce vortex… C’était d’un ennui, lui répondit une voix inconnue.

Une grande silhouette fine, mais masculine, s’étira. Un peu plus loin, une autre personne se redressa, couverte de parchemins cramés. Elle secoua ses mèches rousses, en retirant les cendres.

— Je crois que j’ai fait une petite erreur…

— Une petite ?! Tu parles ! Regardes dans quel état t’as mis la bibliothèque !! Je t’avais dit qu’il fallait encore attendre !

— Rho, c’est bon, on est en vie, non ?

— Mais t’as ravagé la bibliothèque !!!

Personne ne prêta plus attention à la figure humanoïde qui regardait autour de lui avec intérêt. Parce que les lieux ne ressemblaient plus vraiment à un sanctuaire pour les livres. Juste à un énorme tas de bois, de feuilles, et d’humains. Plusieurs murs  -en pierre bien solide, hein- s’étaient écroulés, laissant voir des passants ébahis et rassemblés autour du bâtiment pour voir l’intensité des dégâts. Pas de feu, pas de dragon, pas d’apocalypse. Cela faisait maintenant trois mois que les trois mages s’exerçaient en secret –ou presque- à la bibliothèque royale, et Mira avait voulu brûler les étapes. Là désormais, elle allait pouvoir brûler son compte en banque, parce qu’une bibliothèque royale de ce gabarit, ça n’allait pas coûter qu’un million de Pandores, mais plusieurs centaines de millions. Là, Amber et Caro engueulaient à qui mieux mieux la mage de feu. Derrière elles, l’homme s’épousseta, et fit un pas vers elle.

— Euh, mesdemoiselles ?...

Elles se tournèrent de concert vers lui. Le regardant de bas en haut, elles découvrirent un homme d’haute stature, plutôt mignon. Mince, il était vêtu d’haillons déchirés et sales, comme tout le monde après le joli spectacle de Mira, donc ça détonnait pas. Il avait un visage pâle, sexy, encadré par des boucles brunes, ayant l’air un peu indomptables. Il haussa un sourcil.

— Pourriez-vous m’indiquer où je me trouve ?...

— Ben… Dans la bibliothèque ravagée, lâcha Caro.

— Mais arrête ! J’ai pas envie d’aller en prison ! protesta Mira.

— Euh, oui, d’accord, mais euh… Dans quelle ville ? Et en quelle année, aussi ?

— Euh… Vous êtes à Loitaceila, à Pandora. En l’an 1234, répondit Amber.

— Je vois… Merci.

L’homme brun baissa les yeux sur ses doigts. Il n’avait pas changé, en quelques années passées dans l’Espace-Temps. Là-bas, le temps ne file pas. Il avait été coincé dans son physique de jeune homme de 21 ans, alors que s’il calculait toujours bien, il en avait désormais 25. Et quelque chose avait changé en lui. Comme si… Il agita les doigts. Rien ne se passa. Il se mit à paniquer intérieurement. Releva la tête vers les trois femmes qui le regardait, l’air interloquées, et se recomposa un visage neutre, glissant ses mains dans son dos.

— … Attendez ! s’écria Mira, poussant ses amies pour s’approcher de l’homme. Vous seriez pas ?... Non, j’dois me tromper. Elle scruta le visage de l'étranger. Il est mort y’a des années… Mais vous ressemblez à Adam Bloodrush.

Grand silence. Enfin, l’inconnu haussa un sourcil et ouvrit la bouche.

— Normal, je suis Adam Bloodrush.

— N’importe quoi. Ce grand mage a défié la reine-sorcière et en est mort, renchérit Amber en s’approchant aussi. Tout le monde en avait été bouleversé.

L'homme regarda la femme blonde, comme s'il retrouvait de vieux souvenirs enfouis.

— Non, elle a voulu le faire croire. J’ai fui.

La mage aquatique ouvrit de grands yeux.

— Vous, fuir ?!

— J’avais pas le choix… Fallait bien que je reste en vie, fit-il dans une grimace.

Caro secoua Amber par l’épaule.

— Hé !! C’qui, ce type ? Et c’était qui, ce Adam Bloodtruc ?

— T’es vraiment au courant de rien, toi hein ? Adam Bloodrush était le plus grand mage de vent de Pandora, il était très réputé, et au service du roi. Un jour, la reine-sorcière l’a défié, et il a perdu le combat. Du coup, la sorcière a pu renverser le roi, et a prit le pouvoir…

— Et ça fait bien quatre ans ? demanda le prétendu Adam.

— Oui mais… HE ATTA. Ca veut dire que vous êtes de retour ?! Vous allez renverser la sorcière ?! MAIS C’EST GENIAL, hurla Mira qui débarqua de sa planète.

— Euh, oui, enfin…

— MAIS C’EST TROP FANTASTICOSUPER !! explosa à son tour Caro. PRENEZ-MOI AVEC VOUS ! JE SERAIS VOTRE DISCIPLE !! Même que je serais sage.

— MOI AUSSI !!

— Euh… fit Amber, perdue au milieu des deux hystériques.

— Ouhlà, ouhlà. Mesdemoiselles, on se calme !! Il y a un problème !

— Quel problème ? demandèrent-elles en chœur.

— Je… Je n’ai plus de pouvoirs.

Un autre grand silence accueillit cette déclaration. Un homme en tenue de travail, s'approcha, les observant.

— Hé, vous !! Vous n’êtes pas blessés ? Veuillez évacuer les lieux !

Sans plus attendre, la petit troupe se retrouva dans la rue qui se vidait face aux soldats qui demandaient de partir, et alors qu’Adam essayait de filer en douce, Mira l’attrapa par le vêtement.

— Hep hep hep, vous ! Que vous soyez Adam ou non, vous allez nous suivre !

— Pourquoi faire ? s’étonna la mage blonde.

— On va l’interroger, tiens !

Et sans que le brun ait pu protester, il se fit entraîner par la rouquine.


***


— Aiiiie ! Je crois qu’il va falloir que je revoie les atterrissages, moi…

Une jeune femme aux cheveux multicolores se redressa.

— La peste soit des vampires.

Elle jeta un coup d’œil à droite, puis à gauche, vérifiant que personne ne l’avait entendue. Puis elle jeta un regard derrière elle.

— Teto ! souffla-t-elle. Dépêche-toi !

Une petite bestiole de la taille d’un écureuil fila le long du mur, et sauta sur son épaule. Sans plus attendre davantage, la jeune femme glissa silencieusement le long des murs, restant le plus possible dans l’ombre, et invisible aux quelques âmes errants dans les couloirs vides. La silhouette arriva rapidement à son objectif : la salle du trône. Esquissant un sourire satisfait, elle désactiva les barrières magiques qui entouraient l’endroit, qui déclenchent une sirène assourdissante pour quiconque voudrait voler les trésors royaux. Son joyau, la raison de sa venue était là, à quelques pas d’elle. Mais une bonne voleuse savait être patiente. Elle tendit l’oreille, attentive à tout bruit de pas. Personne. Néanmoins, pour plus de précaution, elle envoya son petit familier, qui se mit à trottiner en scrutant les environs de ses grands yeux verts. Quelques instants plus tard, il revint vers elle, tout calme, et couina pour signaler qu’il n’y avait rien à signaler. La jeune femme s’élança avec légèreté, posant doucement le doigt sur la vitre qui entourait le bijou. Il suffisait de quelques mots de vampire pour la briser sans enclencher l’alarme.

— Asr erou nijmoppg nuu.

Le verre s’évapora comme poussière. Elle attrapa avidement la bague qui reposait sur un coussin de velours vert, et se retourna pour repartir tranquillement d’où elle venait, quand le monde devint éblouissant. Le silence fut recouvert par une sirène horriblement forte. Merde, le sceau ! Jurant dans sa barbe, elle se mit à courir, son animal sur les talons. Derrière elle, elle entendit des cris, des course. On la poursuivait. Plus le temps de faire dans la dentelle. Elle avisa une fenêtre, et sauta.


***


— Gouverneur !! Gouverneur !!

La jeune femme se retourna en soupirant. Un jeune soldat se dirigeait vers elle en trottant, rouge et essoufflé.

— Quoi encore ? grogna-t-elle.

Elle n’était pas de bonne humeur. Elle n’avait rien dormi de la nuit, on l’avait dérangé pour des trucs complètement futiles toute la matinée, et espérait enfin être tranquille pour manger, mais rien à faire. Il fallait toujours qu’on la perturbe. Elle souffla pour rester calme et posa son sandwich jambon-beurre pour écouter le messager.

— On… On a détruit la bibliothèque royale. Et y’a eu un cambriolage dans le palais royal !

— … Les protections ?

— Evaporées ! Comme si elles n’avaient jamais existées !

— Bandes d’incapables… grommela-t-elle. On poursuit les coupables ?

— Oui, gouverneur ! La suspecte est une vampire d’environ 25 ans, vêtue d’une combinaison légère en cuir noir, aux cheveux multicolores. Elle s’est enfuie du côté du quartier vampire.

— Je vois… Conduisez-moi au responsable des opérations, finit-elle par décider.

Adieu, repas. L’heure était grave. Pour que deux des monuments royaux soient touchés si rapidement, il fallait que ce soit un complot. Peut-être assassiner la reine en occupant les troupes ailleurs. Elle hurla des ordres clairs et tranchants pour qu’on aille renforcer la protection de la sorcière, même si elle n’en avait pas particulièrement besoin, mais lorsqu’on est un gouverneur d’une aussi grande ville au service d’une si grande sorcière, il fallait être vigilante. La jeune femme, vêtue d’un pantalon en cuir renforcé pour éviter les impacts par flèche, celles-là même qui dormaient tranquillement dans le carquois accroché dans son dos. Son arc, elle l’avait pris à la main, au cas où il lui faudrait se défendre. Un protège bras, des gants pour compléter la tenue, et l’elfe aux cheveux blancs dégageait un respect évident. On ne devient gouverneur avec rien. Elle était forte et crainte. Elle avait presque autant de pouvoir que la reine-sorcière. On disait qu’elles étaient sœurs, que la reine était demie-elfe et que même si elles n’avaient pas les mêmes ambitions, elles allaient gouverner le monde à elles deux. Elles étaient bien parties pour ça, en tous cas. Une autre rumeur dirait qu’elles partageraient la même chambre, mais elle était bien moins développée, par crainte des armes pointues que les deux femmes savaient très bien manipuler. Elles étaient comme des roses, belles, mais dangereuses.

Une heure plus tard, elle entrait en fracas dans la salle de réunion. La reine l’avait convoqué dans la plus petite de toutes, pour une assemblée en intimité. Il n’y avait qu’elle, et son serviteur chat-garou, là. Elle ne se souvenait même plus de son nom. Malgré la petitesse de la pièce, elle était écrasante de richesse et de noblesse. Tout était or et rouge, tout brillait de mille feux, tout était luxueusement opulent. Mais l'elfe ne se laissa pas distraire par l’exubérance des lieux, l'air grave. Sans attendre qu'on l'invite à s'asseoir, elle tira une chaise et s'y installa, bien droite, ignorant les regards gourmands du jeune homme, posté derrière le trône doré -évidemment- de la reine. Celle-ci était richement vêtue d'une robe noire qui lui couvrait les épaules et la poitrine, elle laissait dévoilée son ventre et ses cuisses. Assortie au tissu, elle avait le longs gants, et de grandes bottes toutes aussi noires que le reste. Sur ses mèches blanches savamment coiffées, un diadème noir tranchait avec la pureté de ses cheveux, qui encadraient de beaux yeux rouge rubis. Elle avait un beau visage, parfait, avec un air grave et supérieur. En même temps, elle gouvernait le pays.

— Où sont les gardes que j'avais affecté à ta protection ? siffla l'elfe.

— Je les ai renvoyés, articulât-telle lentement d'un ton glacial. Je n'en ai pas besoin. Elle se pencha en avant, ses yeux lançant des éclairs pourpres. Plus important, pourrais-tu m'expliquer comment on a réussi à voler l'une des reliques ?

— Ce n'est pas moi qu'il faut blâmer, mais ces incapables de soldats. Ils sont actuellement à la poursuite de la voleuse.

— CRÉTINE !

Une dague surgit soudain et fila à un centimètre de la joue de l'elfe blanche, qui ne bougea pas. Quelques mèches tombèrent au sol. Elle avait l'habitude des crises de colère de la sorcière. Dire que son serviteur devait la supporter tout les jours... Elle se demanda comment il faisait. Peut-être qu'il l'aimait secrètement ? Elle eut un rictus amusé.

— Qu'est-ce qui te fait rire ?!

La voix glaciale la fit revenir sur terre.

— Rien. Je réfléchissais. Nous la rattraperons et nous lui feront subir les pires tortures, pour avoir osé vous défier, reine Akachi.

— Tu as intérêt, Camille. Tu connais le pouvoir de ces reliques. Sors, maintenant.

Le gouverneur s'exécuta sans un mot de plus, et à peine la porte fut claquée qu'Akachi reprit.

— Suis-la, Akakun. Reviens me faire ton rapport à minuit.

L'homme-chat s'inclina et fila à la poursuite de l'elfe qui alla se passer les nerfs sur les pauvres soldats qui avaient mal fait leur boulot.
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Dim 13 Juil - 23:21
. . . Buuuuuuuuuuuuuuuh, on veut me tortureeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeer. On m'accuse d'un crime que j'ai pas commis. Niiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiih TT. Mais j'ai mon butin, eheh ! %D/sbaf/
Bon. Tu sais ce que je vais dire. ETIUS AL !!!! >W(et comment t'as deviné que j'avais une foooooorte attirance pour les bijoux .... Ou tout ce qui brille en général ? ?owo *je suis une pie voleuse en fait xD .. Owait.* )
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Sailor Cravache
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Lun 14 Juil - 21:32


CHAPITRE III
Les vampires, ou comment s'approprier tout ce qui brille

L’homme croisa ses doigts fins sur la table, mal à l’aise. Il venait de tout expliquer aux trois filles, qui le fixaient d’un air septique. L’œil baissé sur le sol, (OUI. PARCE QUE J’AI OUBLIE DE LE PRECISER DANS LE PRECEDENT CHAPITRE MAIS ADAM EST BORGNE ET PORTE UN BANDEAU SUR L’ŒIL MANQUANT. DESOLEE.) il attendait le verdict. Il n’en menait pas large, sans son grand pouvoir, il n’était plus qu’un homme ordinaire. Bon, okay, il savait manier l’épée, et combattre, mais ce n’était pas pareil. Soudain, la rousse se redressa.

— Faut faire quelque chose ! On peut pas le laisser comme ça !

Le brun releva la tête, un peu vexé. Il avait l’impression qu’on le prenait pour un gosse en besoin d’aide.

— Non mais je peux me débrouiller tout seul, hein… Faudra juste que je me renseigne pour retrouver mes pouvoirs, puis j’essayerai de monter une révolution…

— Et tu crois que sans pouvoirs et démuni comme tu l’es, tu vas y arriver ?

L’ancien mage de vent gonfla les joues, piqué au vif. Oui, c’était vrai, des choses avaient changées, et il ne pouvait pas retourner en arrière. Amber se leva elle aussi.

— Estime-toi déjà contente qu’on accepte de croire ton histoire. Et qu’on soit de ton côté. Tu imagines si on avait été des partisanes de la reine ?

— Je sais que non. Sinon vous ne m’auriez pas invoqué, répliqua-t-il en secouant la tête. Un partisan de la reine aurait apporté le livre à cette dernière, et…

Il passa un doigt le long de sa gorge pour signifier qu’il n’aurait pas fait long feu. Un long silence s’installa. Les trois filles avaient conduis Adam dans une petite auberge, et loué une chambre pour être tranquille. La pièce était simplement meublée d’un lit qui grinçait, une table et une chaise, une porte menant aux toilettes et à la salle de bain.

— Et donc, on fait quoi ?

— Ca ne sera pas simple… Il y a bien un moyen de mettre fin au joug de la sorcière, répondit Ad, prenant un regard on ne plus sérieux. Mais il est très risqué, et difficile…

— Dis toujours ?


***

— « Au commencement des cas,
Dieu créa la ronde Terre.
De petits êtres elle sema,
Et d’arbres et fruits et onde,
La Terre naquit de poussières.
Mais fléaux et dangers furent
Et divisèrent le monde.
Sept ils étaient, sept ils furent
Et causèrent malheurs et guerre.
Dieu vit ça, et plein de haine,
Envoya sept anges blancs
Chargés de détruire et tant.
La luxure devint graine,
L’envie ne fut que bague,
L’orgueuil fut changé en livre,
La gourmandise en eau
La paresse fut harpe,
L’avarice fut cristal,
Et la colère fut épée.
Des abysses cachés au fond,
Nul ne pourra les trouver,
Sauf en y mettant son cœur,
Sang et arme à profit.
Quand viendra le temps d’être
Valeureux et courageux,
Ils viendront à eux, bénis,
Et purifieront la terre.
Ils auront joie et bonheur,
Mais peu de répit sera.
Mal tué que mal aimé,
Soif de vengeance y aura. »

***


— Rends-toi ! Mains en l’air !! Et pose ton fouet par terre !

— Jamais !! feula la jeune femme, comme un chat.

Acculée dans un cul de sac, elle était prête à défendre chèrement sa vie. Ils ne l’auront pas vivante. Toute bonne voleuse le sait. Elle avait sa bague, qu’il lui suffisait d’ouvrir pour en sortir une pastille de poison. Mais elle n’était pas pressée de mourir. C’est pourquoi elle allait se battre jusqu’au bout. Elle hésita d’ailleurs à se transformer. Mais elle pressentait qu’elle ne serait qu’encore plus vulnérable.

— Teto, vas chercher de l’aide ! Préviens la secte ! Je compte sur toi ! Files, vite !

Elle vit le petit animal décamper à toute vitesse, sans que les soldats ne s’intéressent à lui. Dans la pénombre, et grâce à sa petite taille, ils durent le prendre pour un chat. Tant mieux. Elle espéra qu’il se trouvera un autre maître gentil et attentionné, qui lui donne sa dose de sang quotidienne. Elle regarda autour d’elle. Rien pour fuir, présentement. Elle allait devoir combattre. Elle sortit les crocs, prenant une pose menaçante pour dissuader ses adversaires. Ou son adversaire. Car la silhouette qui s’approcha n’était rien d’autre que celle du gouverneur. Elle cracha par terre.

— Toi ?! Comment oses-tu ?! Tu as trahi la secte !!

L’elfe lui lança un regard impassible, tirant une flèche pour bander son arc.

— Ce sont mes choix.

— On sait que tu lui as tout dit !! Le QG, nos plans ! A cause de toi, nombre d’entre nous sont morts !!

— Penses-tu que cela m’affecte, Rita ? Pose ce fouet.

La dénommée Rita serra au contraire le poing sur le manche de son arme.

— Tu n’es qu’une lâche.

La flèche glissa juste à côté de son oreille, et elle fit un bond sur le côté pour l’esquiver.

— Tu veux te battre ? Très bien.

Sans plus attendre, la jeune femme aux cheveux multicolores fit un bond félin, atterrissant tout près de l’elfe, qui chercha à la frapper d’une flèche. Mais comme un arc n’est utile qu’en portée longue, elle dut se résigner à le ranger, pour sortir une dague en argent, extrêmement affutée. Un elfe, c’est tout aussi souple qu’un vampire, et les deux adversaires ne se touchaient pratiquement jamais, trop agiles. Soudain, Rita poussa un cri. Son bras gauche la faisait souffrir. Elle y jeta un œil. Un shuriken venait de se ficher dans le cuir de son gant, et avait pénétré sa chair. Elle lâcha un cri de rage. Ce n’était pas une arme de Camille. C’était sûrement un soldat, qui assistait à la scène, qui l’avait jeté. Et c’était risqué, car il pouvait toucher aussi le gouverneur. Cette dernière n’avait pas attendue que Rita comprenne ce qu’il se passait. D’une prise de judo ou je ne sais quel autre sport asiatique, elle plaqua la vampire au sol, lui mettant la lame sous la gorge.

— J’ai gagné. Maintenant tu te tiens tranquille, ou je t’égorge.

— Ben vas-y. Qu’est-ce que t’attends ?! siffla la jeune femme, les yeux haineux.

— Non. Tu vas sagement me suivre jusqu’à ta cellule, en me rendant la bague.

— Je ne l’ai plus, lâcha-t-elle du tac au tac.

— Et où est-elle ?! gronda son ennemie, appuyant le couteau contre son cou.

Un combat de regards s’engagea. Rita mentait comme elle respirait, Camille en était sûre. Quand à la vampire, elle savait que le gouverneur ne l’achèverait pas. Elle allait l’interroger pour savoir où est la bague. Non, mieux, la torturer. L’obliger à trahir la secte. A tout avouer. Mais elle ne révèlera jamais la moindre information. Elle n’était pas une traîtresse, comme cette fichue elfe. Se contorsionnant, elle ramena ses genoux contre elle, et vlan ! donna un grand coup de pieds dans le ventre de la jeune femme aux cheveux blancs, qui ne put que reculer, le souffle coupé. Rita se redressa en toute hâte, cherchant à déverrouiller le chaton de sa bague, les mains tremblantes.

— Attrapez-la !! Attrapez-la avant qu’elle ne se tue !!

Des soldats se jetèrent sur elle. Elle sentit son front cogner durement les pavés, des corps peser contre le sien pour l’empêcher de bouger. Rapidement, les ténèbres engloutirent ses pensées.


***


Un seau d’eau glaciale atterrit sur son visage, la faisant sursauter. Toussant et crachant, elle ouvrit les yeux. Son corps lui faisait mal. Elle sentait son bras l’élancer terriblement. Elle toussa encore, ce qui ne réussit qu’à lui arracher un gémissement de douleur. Retrouvant d’autres sensations, elle comprit qu’elle était menottée et chevillée au mur, dans une position des plus inconfortables. Murs et sol en pierre glacée, donc forcément, elle se gelait les cacahuètes. Sa combinaison en cuir noir ne la couvrait pas entièrement. Elle était bien jolie et sexy, très utile pour se mouvoir avec agilité et discrètement, mais il ne fallait pas être frileuse. Tout simplement parce que la combinaison partait de la poitrine, laissait voir les flancs, puis se continuait en un pantalon tout aussi moulant que le reste, mais dont l’une des jambes était coupée à la cuisse, permettant de voir un magnifique tatouage d’aigle couleur sang, celui de sa secte, qu’elle arborait librement, et qui s’assortissait avec ceux qu’elle avait sur les bras, mais cachés par ses gants. Aux pieds, de longues bottes souples, avec hauts talons pour la rehausser. Elle avait aussi à la hanche et à l’épaule des sacoches, pour y cacher son butin et ses affaires. Pas de collier, pas de bracelet. Juste deux bagues, au majeur et auriculaire droits. Tout ça tranchait avec ses longs cheveux blonds, qu’elle avait en partie teints en marron, rouge et bleu.

— Tu te réveille enfin ? Pas trop tôt.

Elle leva petit à petit les yeux. Une femme se tenait devant elle, bras croisés, et l’air d’assez mauvaise humeur. Derrière elle, elle aperçut un membre de la race des chats-garou. Sa respiration se coupa. Ce qu’elle redoutait était arrivé. Elle était entre les griffes de la reine-sorcière. Son corps s’embrasa d’une subite rage. Elle était là, celle qui ravageait le royaume, réduisait à néant des populations, et faisait le malheur autour d’elle. Elle était là, à quelques pas d’elle, et elle ne pouvait même pas la tuer. Elle tira sur ses chaines, qui lui arrachèrent un cri, mi de douleur, mi de rage.

— Inutile de t’énerver. Dis-moi plutôt gentiment tout ce que tu sais. Et tout d’abord… susurra la reine en s’approchant de la vampire qui la fusillait des yeux. Où est la bague ?

— Je ne l'ai plus.

— Ne dis pas de bêtises. On t’a aperçue dans le palais. Tu sortais de la salle du trésor. C’est toi qui l’a volée, je sais.

— Je l’ai perdue.

La gifle claqua. Mais Rita fit mine de ne pas réagir. Akachi l’empoigna par les cheveux, l’obligeant à la regarder droit dans les yeux.

— Où est-elle ? A qui l’as-tu donnée ? articula-t-elle d’un air sinistre. Tu sais ce que tu pourrais subir, si tu le ne le fais.

— Personne. Je l’ai perdue dans ma fuite.

— Tu l’as avalée ? Tu as eu le temps de la troquer ? On t’a fouillée, tu ne l’avais pas sur toi. S’il faut t’ouvrir le ventre, je le ferais, gronda la sorcière.

La vampire ne répondit pas, et cracha soudainement à la face de l’albinos, qui recula d’un air choqué.

— Tu m’énerves ! Je t’ai dit que je ne l’ai plus !! tortura-moi si tu le veux, tu ne la retrouveras jamais ! A bas l’unawesome reine-javel ! Ton règne prendra fin ! Nous sommes des millions, dans l’ombre, qui projetons de t’abattre. Et toute ta magie et tes soldats n’y feront rien.

Le visage de la reine se ferma. Cette vampire commençait à vraiment lui taper sur les nerfs. Elle s’essuya le visage d’un revers de gant, et plissa les yeux :

— Tu sais qu’au final, je risque de bien t’aimer ? J’aime ton caractère bien trempé. Si tu me rejoignais, je pourrais te trouver une bonne place dans la hiérarchie, tu sais ?... Peut-être même à la place de cette elfe incompétente, là…

Rita ne put que lui lancer un regard plus que blasé.

— On ne m’achète pas ! Je ne suis que mes convictions. Ils viendront te trancher la tête, tu verras !! On te renversera. A BAS LA REINE SORCIERE !

La pointe du talon aiguille atterrit dans le ventre de la vampire, qui en eut le souffle coupé, et se mit à haleter de douleur.

— Akakun, préviens le bourreau de préparer le matériel. Je crois qu’il va falloir passer au niveau supérieur.

La porte du cachot claqua, et le noir revint dans la cellule qui était déjà faiblement éclairée par des torches. Dans la pénombre, deux grands pupilles vertes s’allumèrent et s’approchèrent de la prisonnière.

— Teto ! Te revoilà ! Tu as une clé, de quoi me détacher ?

Le petit animal sauta sur l’épaule de sa maîtresse, un objet de métal entre les doigts. En quelques instants, les chaines furent coupées telles du beurre, et une main de la jeune femme fut enfin libre. Prestement, elle découpa les autres liens d’acier, mais dut garder les menottes autour des poignets et des mollets tels des bracelets. Ils allaient la gêner, mais elle n’avait pas le choix. On l’en débarrassera au QG. Sans un bruit, elle alla poser un doigt sur la serrure, et murmura quelques mots magiques en vampire, déverrouillant la grille. Elle tendit l’oreille. Les pas d’un soldat. Elle eut un sourire mauvais. Ils allaient regretter de l’avoir mise en colère. D’une démarche féline, collée au mur, elle attendit que l’homme s’approche, pour lui sauter dessus. Elle lui creva les yeux, et sans prendre un instant, plongea ses crocs dans sa gorge, sans qu’il ait le temps de crier. Elle se reput du sang chaud qui remplissait son ventre, mais se retrouva bien trop vite avec un corps exsangue et sans vie. Maintenant, elle avait faim. Deux ou trois autres soldats ne seraient pas de trop pour contenter son estomac. Puis, Teto aussi avait bien le droit de se nourrir. La jeune femme fit ainsi une hécatombe de tous ceux qu’elle croisait sur son chemin. Et moins d’une demie-heure plus tard, elle sautait d’une fenêtre sur un toit de tuiles rouges.
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Lun 14 Juil - 21:58
C'est... Trop, trop, trop troptroptroptroptrop bien, cool, excellent, bien écrit, avec très peu de fautes, c'est complet, c'est parfait ! J'ai hâte de voir la suite, et le trio Amber/Mira/Caro (enfin, surtout Mira et Caro) me fait bien marrer x)

T'as vraiment du talent o/
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Mar 15 Juil - 0:12
C'est vrai, pauvre Amber dans cette fic XD

Par contre.
Nono a écrit:
les deux adversaires ne se touchaient très jamais
Mais ouiiiiiiiii.

Toujours la même a écrit:
très utile pour se mouver
Moi quand je me meus, je dis "mouvoir", mais osef XD

Et sinon, woh. C'est décidément super, méga bien écrit, avec pleins de persos trop cools, j'aime **.
Mais... Ce titre XDDD ?
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Mar 15 Juil - 12:24
La pauvre , pauvre , pauvre Amber XD Mais sinon , Rita s'en sort de justesse , et ch'uis toujours trop awesome *w* Fais gaffe aux pitites fautes et vite , moi vouloir suite èwé !
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En couple ou Solo: /
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Mar 15 Juil - 12:41
GNIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIH OUAAAAARG WAZAAAAA PAN WOOOOOOOOOOOOOOOOUUUUUUUUH !!!

Ah commentaire constructif ? GNIIII... J'aime ! J'adore ! Tant d'awesomness aaaaaaaaaargh ! Et le duo Mira/Caro est tellement epic ! Et Rita est tellement classe ! Et... GNIIIIIIIIIIIIH ! Mais pourquoi ce titre ? Javel à cause des cheveux blancs ? XD

*voulais vraiment faire quelque chose de constructif*
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En couple ou Solo: SAMBA ! DE JANEIRO ! Ah c'est pas ça que tu veux savoir ? Ben t'en aura pas plus.
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Mar 15 Juil - 13:01
Bon, bon... Comment est ce que j'ai pu rater tes fics Eno ! TwT Franchement, t'écris super bien, et puis bon, j'adore l'histoire et les persos trop awesome ! 8D Donc, la suite s'te plait ! ;w;
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Mar 15 Juil - 18:43


HRP:
 


CHAPITRE IV
Aaron le conquérant


— Amber !! Amber, Amber, regardes !! Regaaaardes !! pépiait la voix fluette de la gamine, courant après un papillon.

La jeune fille sourit. Assise dans l'herbe, près du ruisseau, avec le soleil qui réchauffait paresseusement l'été qui s'installait, la vie était belle.

— Amber, Amber, tu me fais un bonhomme de neige ?

La petite trébucha jusqu'à sa grande sœur, la tirant par la manche pour insister.

— Dis oui, dis oui, allez !! Je veux un bonhomme de neige !

— D'accord, d'accord ! céda enfin Amber dans un petit rire.

Elle tendit la main vers l'onde qui ruisselait tranquillement, et agita les doigts. Rapidement, de petites particules blanches voletèrent dans l'air, tandis que la gosse riait aux éclats.

— Ouiiiii, il neige !! Ouiiii ! Un bonhomme de neige, un bonhomme de neige !!

En deux temps trois mouvements, la magie d'Amber avait créé un magnifique bonhomme de neige, qui la laissa essoufflée. Tout ça consommait son énergie, mais que n'aurait-elle pas fait pour contenter sa petite sœur ? Elle était heureuse de la voir heureuse. Cette dernière se roulait dans la neige, en projetait en l'air, tout ça sous un magnifique ciel azur. Mais soudainement, un coup de tonnerre retentit, et les deux demoiselles levèrent le nez. De gros nuages noirs s'amassèrent, tandis que d'autres roulements de tambour grondaient. Dans les doigts de la petite fille, la neige fondit. D'un air déçu, elle regarda sa sœur.

— Pu de neige ?

Elle ne reçut pas de réponse. Amber scrutait l'orage imminent.

— Il faut qu'on rentre. Allez, dépêche-toi !

Sans attendre davantage, l'adolescente se releva, tirant sa sœur par le bras, qui ne comprenait pas. Néanmoins, elle se redressa et suivit sa sœur. La maison n'était pas très loin, mais Amber avait peur de ne pas arriver à temps. Elle ne cessait de regarder en l'air, craintive. Cet orage n'était pas normal. Sa magie le lui disait. Un flash. Une explosion. Que se passait-il ? Derrière elles, deux personnes apparurent. Une voix de femme lança, étonnée.

— Tiens, des gens. Akakun, tu t'en charges ?

Le sang gicla. D'un coup, la jeune fille ne traînait qu'un poids mort. Elle jeta un regard apeuré à sa sœur. Une épée la traversait de part en part. Ses yeux s'agrandirent d'horreur. La gamine n'avait même pas crié. Amber sentit ses petits doigts lâcher les siens, et le corps sans vie s'écroula. Les larmes se mirent à rouler le long des joues de la jeune fille. Pourquoi ? Qui avait osé ? La lame la frôla. Elle n'y voyait rien, à travers ses larmes. Elle tomba à genoux. Ce type avait assassiné sa sœur. Pourquoi ? Ce mot résonnait dans sa tête. Elle ne pouvait plus penser. Elle vit un éclat argenté au-dessus de sa tête. La voix féminine cria.

— Akakun !! Laisse-la, il n'y a pas ce qu'on cherche, ici.

Docile, l'homme baissa son arme, abandonnant là la jeune mage éplorée.


***


Enola soupira. Un coude contre la vitre, elle avait appuyé sa joue contre sa paume et regardait le paysage qui défilait d'un air ennuyé. Cela faisait une à deux heures que le carrosse roulait, et elle regrettait de ne pas avoir emporté de livre pour tuer le temps. Si elle avait su, elle aurait refusé... Elle jeta un œil à l'homme assis en face d'elle, impassible. Il arborait des cheveux roux un peu décoiffés, et un air tout aussi ennuyé qu'elle. Il était bien obligé de l'accompagner partout. Elle poussa un autre soupir plus fort, essayant d'attirer son attention.

— On est bientôt arrivés ?

— Ca fait dix fois que tu me le demandes... Je ne sais pas.

La demoiselle gonfla les joues.

— Il pouvait pas venir à nous, cet héritage ? Pourquoi je suis obligée d'aller le chercher ?

— Tu cracherais sur cette fortune qu'on te lègue, toi ? Pas moi. Arrête de te plaindre.

— Mais tu pourrais trouver quelque chose pour passer le temps, alors !

— Très bien. La date de la prise de pouvoir de la reine ?

— Ah non, pas une interrogation gratuite ! Un truc plus sympa !

— Tu vois, t'es jamais contente.

— Mais tu mets pas du tien, aussi !

Un hennissement les coupa dans leur chamaillerie. La voiture se stoppa. La jeune fille alla coller son nez à la fenêtre.

— On est en ville ! On arrive, Clein !

— J'ai vu, j'ai vu.

Quelques minutes plus tard, la calèche entrait dans la cour du palais royal, et un soldat leur ouvrait la porte. Ce fut une jeune fille chaussée de sandales blanches légères qui descendit doucement les marches. Un pantalon d'un blanc transparent, laissant voir la peau de la jeune fille. Une sorte de foulard autour de la taille, laissant voir un ventre blanc laiteux. Un haut assez oriental, qui remontait au cou, en partie transparent aussi sur la gorge. Dessus, un blason, sûrement celui de ses armoiries. Un visage fin, une bouche habituée à sourire malicieusement. Plus haut, de grands yeux d'un vert émeraude encadrés par de grands cils élégants. Pour parfaire le tout, de longues mèches d'un blond blé, tombant jusqu'aux hanches, ici savamment entortillés en une grande tresse-chignon, malgré quelques mèches folles travaillées. En gros, une belle gosse de riche, qui aimait attirer les regards, et qui le faisait bien. Mais ce qui faisait l'admiration chez elle, c'était les deux belles membranes transparentes qui scintillaient dans son dos. Et apparemment, le soldat n'avait pas l'habitude d'en voir, parce qu'il resta bouche bée devant la demoiselle, avant de rependre ses esprits. Quelques instants plus tard, l'étrangère fut introduite dans la salle de trône, où siégeait la reine Akachi. Dans son éternelle robe noire, elle cherchait à se montrer encore plus impressionnante que les portraits qu'on en avait fait à Enola. Elle déglutit, un peu mal à l'aise, mais se stoppa aux pieds des grands escaliers qui précédaient le trône, et esquissa une petite révérence. L'étalement de splendeur et de richesses dans ce palais l'intimidait tout autant. Elle avait l'habitude du luxe, mais là, c'en devenait étouffant. Elle releva timidement la tête, pour détailler la reine. Elle était en train de chuchoter quelque chose à l'oreille pointue d'une jeune femme aux longs cheveux blancs. C'était donc une elfe. Imposante, crainte, comme la reine. Et de l'autre côté du siège royal, il y avait un jeune homme blond, plutôt mignon. Lui, il avait de grandes oreilles de chat, pas discrètes du tout, et aussi une queue touffue qu'il secouait négligemment. Sans doute des yeux fendus de félin, aussi, mais de si loin, elle ne pouvait pas voir. Personne d'autre dans la salle. Juste quelques soldats gardant la porte. Elle regretta que son précepteur soit resté dans le carrosse. Il l'aurait bien aidée.

— Voici donc la princesse héritière du royaume du Sugar ?... fit la voix mielleuse de la reine, se penchant un peu en avant. Que tu es mignonne.

La jeune fille sentit ses joues rosir un peu.

— Merci, Votre Majesté. Mais vous êtes encore plus écrasante de beauté.

Elle rit, d'un petit rire cristallin et élégant.

— C'est gentil, mon enfant. Donc, redis-moi la raison de ta visite ?...

— Votre Majesté, on m'a demandé de venir récupérer mon héritage, que je devais prendre en main propre.

— Ah ouiii, la harpe... fit Akachi comme si elle se rappelait d'un truc pas très important, tout en descendant, glissant presque les escaliers marbrés pour venir passer un bras autour des épaules de la blondinette. Viens avec moi.

Elle congédia d'un geste l'elfe, qui s'inclina et partit, et sembla ignorer l'homme-chat qui les suivait sans bruit. Enola fut donc conduite à travers de nombreuses pièces, toutes aussi belles les une que les autres, jusqu'à la salle des trésors.

— Vois-tu, ma jolie, de vilains gens en ont après mon royaume. Ils veulent me renverser... Et pour ça, ils ont commencés par me voler. Ma bague, ma précieuse bague que je n'osais même pas mettre, ils l'ont prise ! Ils vont sûrement continuer, tu sais... C'est pourquoi j'ai envoyé tous mes trésors, dont ton héritage, à l'abri dans un coffre à Genese... Je n'ai repensé à ta lettre qu'ensuite, je suis bête, hein ? J'ai tellement à faire, aussi... Alors ce que je te propose, c'est que tu restes séjourner quelques jours, pour que tu puisses profiter de ton déplacement, en attendant que ta harpe revienne, d'accord ?

Elle claqua des doigts. Une domestique en livrée de maid accourra en trottinant.

— On va te conduire à ta chambre, reprit-elle sans que la princesse n'ait pu accepter ou refuser. Tu verras, tu y seras bien.

Elle lui fit un beau sourire, la poussant doucement vers la servante, qui s'inclina, et débita d'une voix plate.

— Veuillez me suivre, princesse.

Sans plus attendre, elle tourna les talons, ne vérifiant même pas que la demoiselle la suivait. Cette dernière se dépêcha de faire une révérence d'adieu à la sorcière, et d'emboiter le pas à la domestique.

A peine eut-elle franchi le pas de la porte que la reine chuchotait à son fidèle serviteur.

— Occupe-la. Le temps qu'on fabrique cette harpe.

— Bien, madame.


***


La porte s’ouvrit avec fracas. La reine releva les yeux de son livre de magie occulte.

— Tu es enfin rentré, mon amour ? ronronna-t-elle à l’adresse de celui qui venait d’entrer.

A première vue, l’homme n’était pas bien grand de taille. Il était plutôt mignon, mais on sentait qu’il était fort. Qu’il avait connu de nombreuses guerres, gagnées beaucoup surtout. Il avait l’air d’un conquérant. Des mèches blondes de la même couleur qu’une des pupilles, d’un doré ambré. Et l’autre œil était d’un magnifique rouge sang, le même que celui qui luisait dans les prunelles de la reine-sorcière. Une grande cicatrice, lui barrant l’œil gauche, le pourpre. Il avait du se faire distraire durant une bataille. Et comme on voyait que c’était un guerrier, il fallait bien qu’il soit habillé en conséquence. Une belle armure brillante, une du genre qu’on sait qu’on l’astique avant et après chaque combat, cotes de mailles, gants, tout l’attirail quoi. Et sans oublier une grande épée, qui pendait au côté droit. On pouvait donc en déduire qu’il était gaucher. Et pour parfaire le côté glorieux, un beau loup d’un splendide noir mordoré, suivait ses pas comme son ombre. Cet animal-là avait d’aussi beaux yeux que celui de son maitre, mais luisants d’un jaune féroce, manipulateur. Mais ce qu’on remarquait aussi, c’était les chaussettes immaculées qu’il avait aux pattes, le bout de sa queue qu’il avait blanc, tout comme une oreille, la gauche. On voyait qu’il se portait bien, qu’il était bien nourri et toiletté, comme un chien fidèle. Quand son maître lui fit signe de s’asseoir, il obéit sagement, regardant autour de lui. L’homme s’approcha à pas lourds de la grande table jonchée de cartes, livres, parchemins en tous genres.

— Oui, Sugar est enfin sous ma domination. J’ai du exécuter le roi, par contre. La reine est suffisamment traumatisée comme ça, je sais qu’elle m’obéira au doigt et à l’œil. Seulement, je me demandais une chose… Ils avaient pas une fille, ce couple ?

— La princesse Enola est actuellement au palais. On l’a fait venir pour qu’elle récupère sa harpe.

— Fais-la assassiner. Elle va nous déranger dans nos plans. Où en es-tu de la quête des reliques ?

— J’ai toujours la boule de cristal…

— Et ?

— Et on m’a volé la bague, souffla la sorcière.

— QUOI ? s’enflamma aussitôt le guerrier, abattant son poing sur la table. QUI ?

— Une vampire… Camille m’a dit qu’elle s’appelait Rita, et qu’elle faisait partie de la secte des Ailes Pourpres. Ce n’est pas étonnant, en soi… Ils ont aussi incendiés la bibliothèque.

— Il faut définitivement s’occuper d’eux… Je vais aller faire fouiller la ville. Trouver leur QG. Et on retrouvera la bague, grogna le combattant. Toi, localises les autres reliques.

Perdant un instant son air grave et sérieux, il attrapa la reine par la taille et déposa un baiser sur ses lèvres, glissant un doigt sous son menton.

— Ma toute belle, ma glaciale, mon obscure… A nous deux, nous aurons le monde à nos pieds. Et tu seras heureuse.

Il la lâcha, faisant signe à son loup de le suivre, et laissa là la reine, qui le regardait partir, un peu déçue qu’il s’en aille déjà.

***


— PWAHAHAHA. T’es pas maligne, vraiment ! On se dit voleuse, et on se prend un shuriken dans le bras ! AHAHAHA.

— Arrête de rire ! grogna la vampire, serrant le poing.

Ce médecin l’énervait prodigieusement. Quand elle revenait de mission et qu’elle était blessée, il trouvait toujours le moyen de mourir de rire en apprenant le récit de ses exploits. Elle était assise sur un lit gris assez inconfortable, où elle était censée s’y reposer, mais d’une, elle n’était pas fatiguée, de deux, son bras l’élançait toujours terriblement, en plus des autres bleus qu’elle s’était prise. Puis, elle refusait de dormir au milieu d’autres malades qui gémissaient, toussaient, sous les éternelles torches toujours flambantes. Les murs étaient de pierre froide, mais la pièce, située au dernier étage du QG, était souterraine, pour ne pas gêner les autres occupants par les bruits et les odeurs.

— J’ai réussi ma mission, au moins…

— Qu’est-ce qui t’as pris de défier Camille, aussi ?

— Elle m’a provoquée ! Maintenant tais-toi et soigne-moi sans me faire mal ou je t’égorge.

— Ouuh, que j’ai peur, se moqua le docteur sans se départir de son grand sourire amusé.

L’homme finit de la bander, la gratifiant d’une bonne tape sur l’épaule, qui la fit grimacer. Elle remit son gant, cachant ainsi le ruban qui se colorait déjà tout doucement de rouge.

— A changer toutes les quatre heures. Allez zou, files !

— LES GARS. VITE, FAUT BOUGER !!

Un elfe noir débarqua dans la pièce, essoufflé, et en panique.

— Aaron a trouvé le camp !! Faut plier bagages illico. Prenez le plus important. Nourriture, couvertures, magie. Les malades, qu’est-ce qu’on en fait ?

— Tu veux les abandonner ici, peut-être ? Où sont les téléporteurs d’urgence ?

L’infirmier se tourna vers Rita.

— Toi, ouste, tu peux te débrouiller ! Mais garde bien la bague en sûreté ! Aaron est là pour ça.

Elle hocha la tête d’un air déterminé, et pouf ! dans un flash magique, la jeune femme aux cheveux multicolores avait disparue, cédant la place à une chauve-souris qui fila à tire-d’aile. L’homme se précipita vers un mur, appuyant sur une brique qui céda sous la pression et dévoila une cavité remplie de petites pierres brillantes. Il les prit, allant les distribuer aux patients. Quand quelques minutes plus tard, les soldats débarquèrent, il n’y avait plus personne. Quelques niveaux plus haut, le guerrier poussa un cri de rage en voyant que le lieu était désert. Ils avaient eu le temps de filer.

— Vous me surveillez cet endroit 24 heures sur 24 ! Si le moindre suspect s’en approche, vous l’arrêtez, et vous l’interrogez. Compris ? ordonna-t-il froidement aux soldats.

Mini-victoire pour le conquérant : il venait de priver les Ailes Pourpres de leur base.
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Mar 15 Juil - 20:01
... Je voudrais un bonhomme de neigeeeeeeee ♪ /PAN/ Ouh , la vilaine vengeance qui va arriver uwu
Gnih , Aaron a trop la classeeeeeeeee >w< * Enola a eu un commentaire de ma part sur la description qui , euh ... je préfère pas le dire , herm /PAN/ *
Bref , trop awesome , veux la suite >w<
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Mar 15 Juil - 23:23
Tu fais des livraisons de Aaron en moins de vingt-quatre heures .w. ? *crève*
Et j'étais prévue pour le drama niveau Flambiesque, mais... OO

Enfin bref. SUIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIITE. Please .w.
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Mar 15 Juil - 23:28
Oooooouuuuuuiiiiiiiiin TT^TT Pourquoi, pourquoi la mort est si cruelle ? ;;
Vivement qu'Akachi meurt *sort*
Et Mira : Aaron est d'abord à moi, donc droit d'auteurs, donc argent. owo/PAF/
La suite de suite uwu/BAM/
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Sam 26 Juil - 12:02


Yo ! Je vous ai manqué ?:
 

CHAPITRE V
[size=7] Beau, mais dangereux
— Skiiiiiiiiick !

Un bruit de verre brisé, des couinements de petit animal, puis des gémissements. Il faisait nuit noire. Dehors, de temps en temps, quelques flambeaux éclairaient vaguement la pièce où l’obscurité avait incité ses occupants à sombrer dans les bras de Morphée, la tête trop remplie des derniers évènements survenus en une journée. Leur quête de liberté avait avancée d’un pas, pour le petit groupe de mages, désormais accompagnée de leur ainé aux boucles brunes. Elles lui avaient promis de le mener à d’autres opposants de la reine. Du moins, c’était Amber qui avait proposé ça, et comme Caro et Mira lui faisaient entièrement confiance, en plus du fait qu’elle était leur ainée, donc en quelques sortes le leader de la troupe. Adam, qui venait juste d’arriver, n’avait pas cherché à lui voler son statut. Les responsabilités, c’était pas trop pour lui. Ce fut donc quatre têtes complètement décoiffées et endormies qui se redressèrent en entendant le bruit.

— QUOI, QUOI, ON NOUS ATTAQUE ? (je vous laisse deviner qui hurla ça…)

— Chuuuut, pitié !! Chut, je ne viens pas en ennemie ! Chut ! supplia aussitôt une voix de femme qui leur était inconnue.

Bâillant à qui mieux mieux, les quatre gens découvrirent une jeune femme aux cheveux multicolores, habillée d’une combinaison noire, accroupie devant leur vitre cassée en mille morceaux. Se frottant les yeux, Amber lâcha d’une voix pâteuse.

— Rita ? Mais qu’est-ce que tu fais là ?...

La jeune femme leva vers elle des yeux étonnés.

— Amber ? Tiens, ça faisait longtemps ! Tu peux m’héberger pour la nuit ? Le QG a été investi par Aaron, alors on est à la rue le temps qu’on trouve une autre base.

— Quoi ? Mince ! s’exclama la blonde. Dire que je comptais y aller demain…

De grands coups donnés contre la porte les interrompirent.

— AU NOM DE LA REINE, OUVREZ.

Après un moment d’hésitation, Amber alla ouvrir la porte. Quatre soldats se tenaient au garde-à-vous, le visage grave, dans l’encadrement de la porte.

— Au nom de la reine, nous devons perquisitionner. Nous sommes à la recherche de cette femme, scanda l’homme en brandissant un parchemin où était dessiné un portrait grossier en couleur de Rita. Si vous l’avez vu ou que vous nous aidez à la retrouver, la reine vous donnera une bonne récompense. Si vous la cachez, vous pouvez être sûr de passer à l’abattoir. Soldats, fouillez cette chambre !

Sans que la mage aquatique ait pu protester, les soldats la poussèrent et se mirent à scruter la pièce, regardant sous la table et le lit, allant même jeter un œil dans la salle de bain. Enfin, au bout de dix minutes de recherches intensives, ils se retirèrent, non sans un regard mauvais à la troupe. Ils entendirent les pas lourds se diriger vers la suite suivante, beuglant leur discours du même ton. Une petite chauve-souris plana jusqu’au sol, redevant en un clin d’œil la jolie vampire arc-en-ciel vêtue de sa combinaison de cuir. Et maintenant que la lumière était allumée, les gens purent voir que ça lui allait vraiment bien. Même trop. D’un air satisfait, l’intéressée eut un sourire en voyant le seul mec du groupe déglutir et détourner le regard en rougissant. Mira semblait plutôt intriguée par la tenue, elle.

— Elle est classe, cette tenue, dis-moi. Tu l’as acheté où ?

— Oh, c’était une commande spéciale sur mesure… La secte a quand même pas mal d’argent de côté pour l’équipement de ses voleurs et assassins, répondit machinalement la jeune femme.

— T’es une assassin ? fit Caro en ouvrant de grands yeux.

— Nan, répondit leur amie blonde à la place. Rita est la meilleure voleuse de la secte.

— Oh, pas la meilleure, quand même… protesta cette dernière, dont les joues se coloraient un peu, gênée par ce compliment.

— Waaah ! s’extasia Mira. T’as du voler des trucs super chers et classes alors ! Tu dois être super riche !!
— Non non, rectifia en riant la voleuse. La plupart du butin revient aux Ailes Pourpres. Je ne récupère qu’un tiers des bénéfices.

— Mais c’est nul ! s’offusqua Caro.

— C’est comme ça, là-bas. On fait passer la secte avant le reste. Avant nous, ajouta encore Amber.

— Tu as l’air de t’y connaître… observa Mira en fronçant les sourcils.

Son interlocutrice haussa les épaules.

— Normal, j’en ai fait partie.

— Et plus maintenant ? demanda Adam, qui était resté plutôt silencieux jusqu’alors.

— Nan. Madame a appris tout ce qu’elle devait savoir de son précepteur, puis elle est partie comme une voleuse en pleine nuit, sans le remercier.

Personne ne fit de regard entendu à Rita, bien que l’envie fût tentante.

— Mais pourquoi ?

— Une secte, c’est pas fait pour moi, grogna en défense la blonde. Je préfère être ici, avec vous… Tout le monde me regardait d’un sale œil, là-bas. Ou alors avec pitié. Elle serra les dents. Je ne veux pas qu’on éprouve de la compassion pour moi. Je veux juste venger ma sœur.

— Ta so-aaah, oui…

Amber resta silencieuse un long moment, sans que personne n’ose redémarrer le débat.

— Bon, euh… lança finalement Mira. Retournons nous coucher, on avisera un peu mieux demain !

— Et si les soldats reviennent ?

— Je me cacherais à nouveau, assura Rita. Ces idiots ne pensent jamais à regarder en l’air.

Un cri la fit sursauter. Mira, qui s’était dirigée vers le lit, piaillait en pointant du doigt une petite chose pourvue de deux grands yeux vert lumineux. Une bestiole, de la taille d’un écureuil, mais au physique d’un renard pointa son nez de sous le couvre-lit, tout aussi effrayé que la rouquine qui était allée se cacher derrière Caro.

— Arrête de crier, tu lui fais peur !! s’exclama Rita en attrapant l’animal par la peau du coup et le posant sur son épaule pour le caresser. Il va rien te faire…

Adam, intrigué, avança la tête vers le petit renard. Il était d’un beau marron clair, strié d’un brun plus foncé, et avait une sorte de crinière blanche autour du cou. Il fronça son petit museau rose, l’approchant de celui du borgne, avant de se reculer un peu, craintif. Ce qui ressortait le plus chez cet écureuil était son grand regard à la fois vide et pétillant, d’un vert moyen, et semblait venir d’une autre planète.

— C’est un renard-écureuil du désert de Sugar, expliqua la vampire. Il s’appelle Teto. Elle sourit. Tu dis bonjour, Teto ?

Le-dit Teto poussa un petit couinement à peine perceptible, allant se planquer dans la masse capillaire de sa maîtresse.

— Il fait le timide, remarqua Amber.

— Sans blague, se moqua Caro.

***

La jeune princesse avait découvert une grande suite royale toute d’or et blanc, brillante de milles diamants et de centaines de perles, au plafond en voûte où était peint une scène de guerre victorieuse pour tel ou tel conquérant. Les murs semblaient crouler sous le poids des tableaux de membres royaux où tout le monde était plus beau que nature, ou de scènes campagnardes colorées et douces. Les meubles étaient de bois blanc, sertis de nombreuses pierres précieuses, aux poignées plaqué or ou argent, comme pour les portes. Il y en avait deux, de chaque côté de la salle. Celle où l’on avait conduite était apparemment la chambre à coucher, vu la présence d’un énorme lit à baldaquin crème. Les tissus étaient de soie ou de velours, lourds et soyeux, et le matelas semblait si confortable… Rien que de le voir donnait envie à la demoiselle d’être fatiguée pour s’y coucher. Mais avant ça, elle alla ouvrir timidement la porte de droite, et resta bouchée bée. La salle de bain était encore plus luxueuse de la chambre. Tout était de marbre blanc et d’or, au point que ça en donnait mal aux yeux. La baignoire était… grande, et longue. Non, elle devait plutôt appeler ça une piscine. Elle avait assez de place pour y nager. Aux murs, de grandes étagères étalaient des produits de beautés tous plus chers les uns que les autres, du lait de bain au masque de beauté. Un peu plus loin, étaient pliés avec le plus grand soin sur des porte-serviettes des draps de bain, immaculés. Elle ressortit, et alla pointer son nez dans l’autre pièce. Elle y vit quelques mannequins, mais cet endroit-là ne comportait que de grands placards aux portes coulissantes. Elle s’aventura à pousser l’une d’elle, et se décida rapidement à l’ouvrir toute entière. C’était un dressing. Des robes, des hauts, des bas, des chaussures, des chapeaux, des écharpes, des tiares étaient entreposées là, par couleur. La jeune fille en était sans voix. Par curiosité, elle attrapa une robe, d’un rouge profond drapé d’une soierie noire, et la plaqua contre elle. Elle semblait à sa taille. Elle fronça les sourcils. Comment pouvait-on savoir sa taille, et préparer tant d’affaires rien que pour elle ? Impressionner les invitées était une chose, mais à quel but ? La reine Akachi cherchait-elle quelque chose de la part d’Enola ou de son royaume ? En tous cas, elle ne voyait pas quoi. Son palais semblait être une hutte de pêcheur, à côté de l’opulence qu’on lui mettait là sous les yeux. Elle retourna dans la chambre. Là, assis sur une chaise, près du secrétaire, un jeune homme blond semblait l’attendre. Etonnée, elle s’approcha, et esquissa une révérence, ne connaissant pas le rang de son invité. Elle le vit avoir un rictus amusé.

— Qui êtes-vous ?... demanda-t-elle doucement.

Elle ne faisait pas preuve de la plus grande des politesses et des respects de l’étiquette qui exigeait qu’on se présente avant son invité, mais ça ne devait pas déranger l’inconnu. Elle revit les oreilles de chat qu’il arborait, et se rappela. C’était sans doute le valet favori de la reine. Que lui voulait-il ?

— Juste un serviteur qui voulait bavarder avec la charmante invitée que vous êtes…

Ah, il voulait la séduire ? Sans doute était-il un envoyé de la reine. Elle n’allait pas se laisser avoir si facilement. Cependant, elle était curieuse de savoir ce qu’il voulait. Elle lui adressa un beau sourire.

— C’est gentil à vous… Comment vous appelez-vous ?

Il se leva, faisant une grande courbette.

— Je suis Akakun, valet de la reine Akachi. Je suis aussi tout dévoué à votre service, princesse Enola de Sugar.

— Oh, je vous en prie, appelez-moi juste Enola, dit-elle d’un geste de la main dans un petit rire.

— Oh, je n’oserais pas. Princesse Enola, ça vous va ?

Elle sourit de plus belle, hochant la tête. Ce serviteur se montrait très mignon, sans déployer des couches de galanterie et de crânerie comme le font certains princes ou ducs étrangers qui espéraient bien avoir sa main. Akachi désirait-elle une alliance entre Sugar et Pandora ? Mais pourquoi faire ? A part pour le sucre, son royaume n’avait pas vraiment de lieu d’être véritablement. Puis, la marier avec un valet ? N’importe quoi ! A moins que ce ne soit un prince déguisé… Elle secoua la tête. Elle se prenait à rêvasser des sottises.

— Tout va bien, princesse ? s’inquiéta Akakun.

— Oui, oui, le rassura-t-elle. Seulement, l’air m’est un peu étouffant, ici… Pourrais-je aller me promener dans les jardins ?

— Vos désirs sont des ordres.

Il lui offrit le bras, et après un instant d’hésitation, elle le prit, pour qu’il la conduise dehors. Les grands couloirs étaient quasiment vides, ils ne croisèrent pas grand-monde, à part deux ou trois soldats. Chez elle, les corridors bruissaient tout le temps de bruits et était bondé de domestiques s’occupant du linge, des enfants, des marchants ambulants. L’ambiance du palais lui était trop austère. Là-bas, le bâtiment ouvrait toujours à tout le monde, et vivait, animé. Peut-être sans doute parce que plus de gens maîtrisent la magie, ici, se dit-elle. Effectivement, à Pandora, seul un habitant sur dix ne pratiquait pas une forme de magie, ou alors il savait manier une certaine arme qui le classait dans un rang particulier, alors qu’à Sugar, seul une personne sur dix avait les bases. Les membres de la famille d’Enola les connaissaient, mais elle était la seule avec son cousin à la manier quotidiennement. Pendant ses réflexions, le valet l’avait entraînée dans la cour. Pas la moindre herbe folle, pas un seul arbre ne poussait bancal, tout était carré et ordonné, très propre. Les buissons et haies étaient méticuleusement coupés, les chênes tenus très droits. C’en était triste, Enola était déçue, elle qui avait tant l’habitude d’un jardin presque laissé à l’abandon, où courrait chats et écureuils, oiseaux chantants et papillons multicolores. Là, aucune bête n’était tolérée. Néanmoins, elle cacha une moue, continuant d’avancer avec Akakun. Un peu plus tard, ils s’installèrent sur un banc pourvu de l’ombre généreuse d’un murier. La jeune princesse trouva qu’il se posa peut-être un peu trop près d’elle, tandis qu’il lui prenait la main. Ce contact l’étonna de sa part, mais elle ne s’en offusqua pas. Il ouvrit la bouche, sans doute pour débiter une de ces phrases galantes toutes faites, avant d’apercevoir un serviteur qui s’approchait.

— Akakun, madame la reine Akachi demande vos services, dit-il en s’inclinant.

L’intéressé fit une petite grimace, avant de se lever et de faire un baisemain à la jeune princesse.

— Désolé mais je dois vous abandonner, ma chère… Nous nous retrouverons sûrement au souper.

Enola acquiesça d’un sourire et le regarda s’éloigner, soulagée qu’il n’essaye pas plus de la draguer. Néanmoins, il allait sûrement réessayer ce soir. En attendant, elle allait profiter d’un peu de solitude. Elle observa autour d’elle, soupirant. Il faisait chaud, le soleil dardait ses impitoyables rayons dans un ciel exempt de tout mouton blanc, et allait pourtant bientôt disparaître derrière le palais, créant ainsi une ombre bienfaisante sur le jardin, tout aussi vide que les couloirs.

— Héé ! Psst ! Toi, là !

Elle tourna la tête. Dans un buisson garni, se tenait un… Un chapeau ? La blondinette cligna des yeux, avant d’enfin distinguer la personne qui le portait. Une jeune fille, aux couettes blondes, vêtue d’une cape violette de sorcière, et portant un grand couvre-chef marron pourvu de deux grands yeux, se tenait accroupie là. Elle regarda à droite, puis à gauche, avant de venir s’installer à côté de la princesse, un doigt sur la bouche pour lui signifier de ne rien dire. Elle haussa un sourcil.

— Chuuut, je suis là incognito ! T’es bien Enola ?

— Euh, oui ?..

— Parfait ! Les Ailes Pourpres ont un message pour toi ! Ils disent que tu d-

— Les Ailes Pourpres ? la coupa la jeune fille.

La demoiselle pencha la tête.

— Ben, oui, les Ailes Pourpres. Tu sais bien qui ils sont.

— Si je dis non, je vais me faire taper ?

Son interlocutrice ouvrit de grands yeux :

— Mince alors, on avait pas prévu ça. Oublie ce que j’ai dit, alors, d’accord ?

— Mais de quoi tu parles ?

Trop tard, la petite sorcière avait déjà filé, et impossible de voir de quel côté elle était allée. Intriguée, Enola alla jeter un œil derrière le buisson où elle était apparue, mais rien. Quand elle se redressa, une servante se dirigeait vers elle.

— Votre Majesté ? Nous devons vous préparer pour le repas.

— Pardon ? Me… Mais y’a pas besoin, je suis très bien dans cette tenue !

— J’insiste ! Vous devez vous présenter dans une tenue plus honorable !

Sans qu’Enola puisse plus protester, la maid l’entraîna jusqu’à sa suite, où elle lui fit subir diverses tortures pour l’enfermer dans une robe au corset trop serré.

***

C’est donc une belle princesse vêtue d’une robe d’un gris argenté pailleté parsemé d’émeraudes assorties à ses yeux qui fit une entrée remarquée dans la salle de banquet. On avait savamment arrangés ses cheveux en un grand chignon qui soulignait l’ovale de son visage, et maquillée de telle sorte que son regard pénétrait intensément chaque personne qu’il croisait. Au cou, elle avait une émeraude taillée en cœur. Malgré tout, on voyait qu’elle n’était pas totalement à l’aise, se mordillant une lèvre peinte d’un rouge pâle assez discret, et observant autour d’elle à la recherche d’une personne connue, au milieu de la foule qui se pressait dans l’immense pièce. Les murs de verre étaient gigantesques, et pourvus de grandes fenêtres impeccablement propres. Le toit était panoramique, permettant ainsi de voir quelques étoiles scintiller ça et là. De grandes tables aux nappes blanches immaculées avaient été disposées par hiérarchie, décorées de roses rouges posées dans des vases tout aussi transparents que les vitres. Autour, on avait parsemé quelques pétales, un peu de poudre argentée et dorée. La vaisselle était en porcelaine fragile, les couverts en or et argent. Quelques amuses-bouches étaient disposés dans des plateaux, distribués par des garçons habillés impeccablement, se glissant entre les convives. Sorciers, guerriers, mages, fées, et bien d’autres races s’étaient donné rendez-vous là pour montrer leur allégeance à la reine, et aussi voir la rescapée du pays voisin ravagé par Aaron. Plusieurs dames chuchotaient entre elles en voyant Enola passer, et elle se demandait bien pourquoi. Certaines avaient un regard carrément jaloux, tandis que les hommes la reluquaient sans vergogne. Elle déglutit. Elle attirait trop l’attention à son goût. Enfin, Akakun surgit à ses côtés.

— Vous êtes tout à fait renversante, princesse Enola.

Elle sourit. Mine de rien, elle était bien contente de pouvoir discuter avec une personne qu’elle connaissait plus ou moins. Elle prit son bras, l’entraînant un peu à l’écart en prétextant qu’elle n’aimait pas la foule, ce qui n’était pas tout à fait faux.

— Au fait, Akakun… chuchota-t-elle alors qu’ils devisaient de ça et là. J’ai entendu parler des Ailes Pourpres… Qu’est-ce que c’est, au juste ?

Le blondinet ouvrit de grands yeux, regardant autour de lui si on l’avait entendue.

— Ce sont les ennemis de la reine… Ceux qui lui ont volés la bague, et qui projettent de la renverser dans l’ombre… Cela dure depuis environ quatre ans. Avant, ils n’étaient pas très nombreux, mais dernièrement ils se font moins timides, et lancent des attentats. La reine est obligée de prendre de sévères mesures pour se débarrasser d’eux. Elle a pourtant d’abord essayé la diplomatie, mais rien n’y fait, ils sont bornés… Ils préféraient le régime de feu le roi. Ils n’ont même pas quelqu’un à mettre sur le trône. Il haussa les épaules en achevant ses explications. Ils ne sont pour le moment guère important, ne vous en occupez plus, et distrayez-vous. Voulez-vous un amuse-bouche ?

La demoiselle refusa d’un signe de tête. Quel message avait donc voulu lui faire passer ces opposants par l’intermédiaire de cette jeune sorcière ? Une proposition d’alliance ? Ou au contraire lui dire qu’ils allaient l’assassiner un de ces jours ? Heureusement pour elle, Akakun ne chercha pas à en savoir plus et dévia la conversation sur un autre sujet. Un peu plus tard, une cloche sonna, annonçant le moment pour les invités de s’installer. A sa grande surprise, la jeune princesse de Sugar se retrouva à gauche de la reine Akachi. Gênée, elle n’osa pas proférer un mot de tout le repas, qui se révélait évidemment très bon. Des plats tous plus rares et raffinés défilaient devant eux, et bientôt Enola se demanda comment on pouvait engloutir telle quantité de nourriture en si peu de temps. Elle se retrouva à refuser poliment la plupart des assiettes qu’on lui proposait, prétextant finalement un besoin pressant pour s’éclipser. Quelques minutes, elle était dans la fraicheur de la nuit, qui contrastait avec la pièce emplie de chaleur humaine.

— On se promène, princesse ?

Elle se retourna. Un jeune homme se tenait derrière elle. Elle crut d’abord reconnaître les cheveux d’Akakun, mais la voix était différente, plus grave et sévère. De plus, il ne portait pas du tout la livrée de serviteur accompagnée de la cape rouge démontrant son statut d’hybrides, et encore moins les oreilles et la queue trop reconnaissable de chat. Il s’avança vers la demoiselle, et elle put distinguer un regard vairon conquérant, balafré et dur, encadré par de courts cheveux blonds dorés en bataille. Il portait une belle tenue entièrement noire, ce qui faisait qu’on le voyait mal. Une chemise noire, aux boutons dorés sur le côté gauche, un pantalon de tissu tout aussi sombre, et une cape grise attachée par une broche semblable à celles de son haut, de grandes bottes noires, une ceinture où pendait une dague d’acier implacable. Ce fut tout ce qu’elle vit, car l’instant d’après, l’arme s’enfonçait dans son ventre, la faisant hoqueter. Une douleur fulgurante la parcourut, et un spasme la précipita au sol.

CHAPITRE VI

— Ritaaaaa ?

— Quoi ? grogna l’interpellée.

— Tu fais quoiiiii ?

Elle soupira. Cette apprentie ne comprendrait donc jamais ? Accoudée sur la table de bois brante avec le reste de sa nouvelle troupe avec qui elle avait rejoint le QG la veille, elle scrutait une carte détaillée de la ville, à la recherche d’un plan miracle qui leur permettrait de renverser Akachi sans trop de dégâts. Sans avoir l’air de piger qu’elle était trois fois trop collante, la demoiselle à la cape violette attrapa une chaise et la tira à côté de la vampire pour voir le parchemin, sans que les autres réagissent. Quelques autres gens de la secte étaient là aussi, proposant tel ou tel chemin ou stratégie.

— Faire un siège ?

— Inutile, ils ont des provisions pour au moins dix ans dans ce palais. On n’a pas assez de moyens pour les bloquer complètement, rejeta aussitôt Rita.

— Vous voulez entrer dans le palais ? C’pas dur ! piailla la petite blonde.

— Ce n’est pas si facile, Abby… lui répondit la jeune femme, lui jetant un regard. Quand j’y suis allée, j’ai du désactiver des tas de sortilèges, me transformer à de nombreux endroits… Des protections sont en place, empêchant les gens avec de mauvaises intentions d’entrer.

— Et si je me proposais en otage ?

Tous les yeux convergèrent vers Adam.

— Après tout, elle sait que je suis encore vivant, même si elle a affirmé le contraire à la populace. Elle se doute qu’à un moment ou un autre, je reviendrais. On n’a qu’à développer cette rumeur, et-

— Mais tu n’as plus de pouvoirs ! s’interposa Amber. T’es complètement démuni, elle va te tuer sur le champ.

— Je sais que non.

— Et pourquoi t’en es si sûr ? demanda Mira, haussant un sourcil.

— Parce qu’elle a mon œil.

Un grand silence s’installa, tandis que tout le monde scrutait le bandeau noir qu’Ad portait perpétuellement, attendant des explications.

— La dernière fois, je vous avait dit qu’elle m’avait crevé l’œil lors de notre combat final… Mais en réalité, le sort que j’ai jeté a concentré mon âme, mon essence dans mon œil. J’aurais du le mettre dans un objet, comme un médaillon… Mais je n’avais rien sur moi, et le sort m’a précipité dans l’Espace-Temps trop vite, il m’a échappé des mains, et Akachi l’a récupéré et vite compris ce qu’il en était…

— C’est donc pour ça que tu n’as plus de pouvoirs ? conclut Caro.

— Exactement… Et si je récupérais mon œil, ben… Ca règlerait bien des problèmes.

— On aurait une puissance incroyable !! Ce serait génial, non ? Faut lancer une expédition pour le retrouver ! s’enflamma Mira !

— T’emballes pas, Mira… Akachi doit l’avoir tout le temps sur elle…

— Je sais pas… Elle doit user d’un certain sortilège à chaque fois pour utiliser les pouvoirs contenus dedans, mais à partir de là elle peut puiser à volonté, jusqu’à ce qu’il soit vidé d’énergie… Elle doit le garder en cas de besoin extrême…

— Alors on peut le lui voler ?

— Bonne chance, ironisa Ad.

***

L’ancien mage grogna. Les menottes lui faisaient mal et irritaient sa peau grisée par le fer. Il essaya de les déplacer un peu, mais rien à faire, elles étaient trop serrées. Il avait les mêmes aux chevilles, mais celles-ci étaient moins comprimées, pour lui permettre de marcher. Et cela faisait bien un moment qu’ils parcouraient la ville à pied. Quelle idée ces soldats avaient eu de l’attraper à l’autre bout de la cité ? A cette heure, les rues étaient animées, et certains habitants, en le voyant passer, chuchotaient entre eux. L’avaient-ils reconnu ? Mais le brun ignorait dignement tous les regards, et enfin, arriva devant le palais. Il n’avait pas changé depuis la dernière fois. Il était juste devenu très glacial. Il en avait déjà visité les prisons, mais n’aurait jamais pensé y être enfermé un jour. En franchissant les grilles, il n’osa pas jeter un regard en arrière, tandis qu’un des soldats le poussait sans ménagement. Rapidement, on le poussa dans une cellule exigüe et obscure. On ne lui avait pas enlevé ses chaines, à son désespoir. Ah, s’il avait eu ses pouvoirs, ça ferait longtemps que ces deux soldats auraient été décapités. Il leur jeta un regard, alors qu’ils s’éloignaient avec la torche. Désormais, il ne distinguait plus grand-chose.
Combien de temps attendit-il là ? Il ne savait pas, il avait depuis l’Espace-Temps perdu toute notion du temps. Pour s’occuper, il tripotait ses fers, essayant vainement d’accorder un peu de répit à ses poignets. Il avait l’impression qu’il pourrait s’arracher la main sans problème. Il ferma le poing. Encore un aspect du sort qu’il avait négligé. Qu’il avait été bête. Si son Maitre avait été là, il lui aurait collé une bonne tarte. Mais il n’était plus là. Il n’y avait que lui, lui et son corps pourrissant petit à petit. Il soupira s’adossant contre une grosse pierre froide. Quand est-ce que Rita allait venir le tirer de là ? Est-ce qu’elle récupérait son œil, avant ? Il eut un instant de panique. Et si Akachi l’avait vaincue aussi ?! Qu’allaient devenir les autres ? Il tira encore sur ses menottes, avant d’entendre un craquement sinistre, et un déchirement de peau. Le cœur au bord des lèvres, il baissa les yeux sur son bras, sans rien vraiment distinguer. Qu’allait-il falloir faire pour résoudre cet énième problème ? Soudain, dehors, des pas précipités, une clé tournant dans la serrure, une silhouette féminine entrant.

— Adam ? C’est bien toi ? Vite, faut filer !!

Il ne put en réponse que pousser un soupir de soulagement, avant de tendre ses poignets abimés à la vampire.

— J’aimerais bien, tu vois.

— Oh, sacré sang, c’est pas vrai…

Elle s’accroupit, dans le noir semi-présent, fouillant dans ses sacoches, en sortant rapidement une pierre en métal glacé, très coupant, et entama rapidement les menottes. Dans un autre soupir de soulagement, Adam fut libre, se levant péniblement. Rita attrapa sa main froide, l’entraînant dans les couloirs sombres.

— Pas un bruit. Fais ce que je dis, d’accord ?

— Mais euh, tu as mon-

— Chut ! le coupa précipitamment la vampire, un doigt sur les lèvres.

Elle tendit l’oreille, le souffle court, avant de plaquer le mage contre le mur, une main sur la bouche pour l’empêcher de proférer le moindre son. Il n’y en avait pas vraiment besoin, car le borgne avait rougi subitement en sentant les courbes de la jeune femme contre lui, et qui l’avait laissé sans voix. Cela faisait longtemps qu’il avait perdu foi en l’amour, mais les femmes ne le laissaient pas pour autant indifférent, bien au contraire. Mais Rita n’avait pas l’air de s’en être rendu compte, devenue plus immobile qu’une statue tandis que la lumière diffuse d’une torche s’approchait. Mais au détour d’un couloir, elle s’éloigna, et la jeune femme poussa un soupir soulagé. Désormais muet, Adam la suivit sans oser redemander si la mission avait réussi. Si c’était le cas, il voulait bien son œil, là, tout de suite. Car oui, après bien des méditations, les Ailes Pourpres avaient conclus que l’idée de l’otage était la meilleure, quoique risquée. But premier : voir si on pouvait facilement ou non récupérer l’œil d’Adam, récolter des infos. But second, le reprendre si possible, sinon filer chercher le prisonnier et fuir sans rien tenter d’impossible. Au bout d’un moment, Rita jeta un œil à une fenêtre. Sans perdre un instant, elle l’ouvrit. Son compagnon jeta un coup d’œil, et déglutit. Le toit du bâtiment suivant n’était peut-être pas bien loin, mais s’il ratait, il était bon pour se rompre le cou.

— Tu… On va tout de même pas sauter ça ?! fit-il, les yeux ronds.

La vampire haussa les épaules.

— Il suffit de prendre assez d’élan. Je sais que tu peux y arriver, allez. On n’a qu’à sauter ensemble.

Elle lui tendit la main, mais l’ancien mage, au contraire, se recula, l’air pas du tout rassuré.

— S’il te plait, Adam, on n’a pas le temps ! Si tu veux rester là pour qu’Akachi te torture, vas-y, mais moi je file, siffla la voleuse.

Elle grimpa sur le rebord de la fenêtre, faisant mine de prendre son élan.

— Attends, attends attends !! Je vais venir !! Attends… !

Elle eut un sourire amusé, tandis qu’il se postait à ses côtés en regardant en bas.

— C’est pas que j’ai le vertige, m-mais…

Elle grogna, et sans qu’il put protester, l’attrapa par les épaules, glissa une main sous ses cuisses, et bondit. Le jeune homme poussa un piaillement de princesse effarouchée. Et deux secondes plus tard, il était tout ce qu’il y a de plus vivant, de l’autre côté, et libre.

— T’es lourd, grimaça la vampire en le laissant tomber au sol.

Il se releva en se frottant le dos.

— Merci bien. J’te rappelle que sans moi vous-

— Chut ! Allez, maintenant on file !! l’interrompit-elle en l’entraînant sur les pierres mauves qui constituaient le toit de nombreuses maisons de Loitaceila.

***

— Serais-tu devenue complètement incapable ?
La sorcière avait craché le dernier mot. Encore une fuite de sa prison, ses cellules dont elle était si fière. Elle n’avait même pas eu le temps d’interroger le prisonnier. Aujourd’hui, elle avait lâché ses longs cheveux blancs qui ondulaient doucement, sous l’effet de sa magie noire, tandis qu’elle faisait les cent pas dans sa suite. En face d’elle, Camille faisait bravement face. Les Ailes Pourpres étaient en train de la tourner en bourrique. Pourquoi était-ce toujours elle qui subissait les colères de la reine ?

— Tu vas encore me dire que c’est la faute des soldats ?! enchaîna la reine. Je suis sûre que si je mettais Akakun à ta place, il ferait un bien meilleur boulot…

Elle s’approcha de l’elfe, attrapant une mèche tressée pour attirer le visage pointu au sien.

— Et toi… Je te ferais exécuter. Tu sais trop de choses.

La menace ne fit même pas ciller son gouverneur. Elle avait l’habitude, mais c’était pourtant la première fois qu’elle « échouait » deux fois de suite. Et ça lui déplaisait tout autant que la reine, surtout pour sa fierté. Mais ce qu’elle voulait surtout, c’est avoir le privilège d’achever cette vampire de ses mains. Elle serra les dents. Etait-il temps de se rebeller ? Comme si elle avait lu dans ses pensées, une dague luisante d’un liquide violet transperça alors son bras. Elle retint un cri.

— Ne penses même pas à me trahir, Camille. Tu sais ce qu’il t’en coûterait.

Oh oui, la jeune femme le savait très bien. Une torture digne des enfers attendait ceux qui osaient fuir. Seule une magie poisseuse, imprégnée de noirceur et de poison retiendrait les malheureux en vie, mourant de faim à l’ombre de leur cachot souterrain, là où plus une âme humaine ne s’y aventure.

— Je te suis toute dévouée, Akachi… murmura-t-elle, déjà sous l’effet du venin qui s’écoulait petit à petit dans ses veines.

Trébuchante, elle sortit le plus rapidement qu’elle put, avant de s’écrouler contre la porte, luttant longuement contre ses membres engourdis pour sortir une petite fiole d’antidote, qu’elle but d’une traite. Le médicament fit aussitôt son œuvre, et elle se redressa, s’essuyant la bouche d’un revers de main. Elle l’avait obligée à gaspiller un autre flacon de potion.

— Gouverneur ?

Elle tourna la tête. Un soldat se tenait à côté d’elle, attendant sagement qu’elle reprenne ses esprits.

— Gouverneur, on a aperçu la voleuse Rita et le mage Adam aux environs du quartier elfe. Devons-nous nous mettre à sa poursuite ?

Quelques minutes plus tard, l’archère était en tenue de combat, son stock de flèches était renouvelé, et sa dague tranchait plus que jamais. Ses ennemis allaient bientôt pourrir derrière les barreaux, elle le savait. Une excitation meurtrière s’empara d’elle, et ce fut plus agile que jamais qu’elle enfilait les pavés, à la recherche de la moindre trace dénonçant le passage des deux fuyards.
Quelques rues plus loin, les deux poursuivis étaient dans une mauvaise posture. Ils commençaient à fatiguer, surtout Rita qui n’avait pas dormi depuis un moment, et qui se devait de garder quelques forces. Adam comptait sur elle. Bien sûr qu’elle aurait pu s’enfuir, mais le mage n’avait aucun véritable équilibre, et elle ne pouvait donc pas éternellement emprunter les toits comme elle le faisait habituellement.

— Allez, allez, allez, ma grande, réfléchis… marmonnait-elle en reprenant son souffle aux côtés du brun.

Elle se mordit un ongle, regardant Ad.

— Quoi ? fit ce dernier, sans comprendre.

Un instant après, il se retrouvait avec une bague au doigt, tandis que la jeune femme plaquait de nouveau une main sur sa bouche pour l’empêcher de parler.

— Pas le temps de t’expliquer. Apporte ça au QG. Elle vous sera utile. Dis-leur que je m’en sortirais. J’ai Teto. Et si je m’en sors pas…

Elle posa un bisou sur sa joue, et lui fit un clin d’œil.

— Ravie de t’avoir connue.

— Hein, quoi ? Mais attends ! balbutia le jeune homme tandis qu’il regardait la vampire se transformer pour voleter en rase-motte. Mais je sais pas où il est, le QG !

— IL EST LA !! ATTRAPEZ-LE !!

Pour toute réponse, le brun couina, et démarra en vitesse, essayant vainement de suivre la chauve-souris qui l’avait abandonné. Mais il savait qu’il allait vite s’essouffler, et les soldats n’allaient pas tarder à le rattraper. Il trébucha, et la bague trop lâche glissa de son doigt, rebondissant sur les pierres polies par le temps, avant de rouler vaillamment jusqu’à une plaque d’égout, où elle tomba.

***


— Tiens tiens tiens, comme on se retrouve…

Le mage releva la tête. Akachi se tenait devant lui, un sourire mauvais sur les lèvres. Ce genre de sourire qui prédisait de longues souffrances atroces à son ennemi juré, désormais fermement attaché au mur de sa cellule. Il avait soif. Et mal à la tête. Les derniers évènements survenus lui revinrent par bribes. Il se souvint comment, sans pitié, les soldats l’avait poursuivi et plaqué au sol –il se faisait souvent plaquer ces derniers temps dis donc- et assommé, avant de sûrement le trainer ici… Rita n’était pas revenue le chercher… La bague ! Il jeta un œil sur sa main, sans apercevoir d’anneau. D’un certain côté, tant mieux. Mais où était-elle, alors ? Il n’eut pas le temps de s’interroger davantage. La reine s’était approchée, et avait glissé un long doigt pâle manucuré de noir le long de la joue du jeune homme.

— Tu m’as fait attendre, Adam. Je savais que tu reviendrais. Je sais ce que tu es venu chercher. Mais c’est trop tard. Tu es entre mes griffes.

Elle ricana devant l’air furieux de son adversaire.

— Où étais-tu, tout ce temps ?... murmura-t-elle pensivement. Bah, ça ne m’intéresse pas. Maintenant, tu es à moi, rien à qu’à moi. Mais je ne m’attendais pas à te revoir si démuni. La sorcière sourit. Le grand Adam Bloodrush aurait fait une hécatombe de mes soldats… Comme l’a fait cette vampire.

Brusquement, elle lui enserra le cou d’une poigne de glace, collant la nuque du borgne contre le mur de pierre.

— Pourquoi était-tu avec elle ? Les Ailes Pourpres commencent vraiment à m’énerver. Elle m’a volé la bague. Tu sais où elle est ?

Elle appuya de plus belle contre la gorge du brun, l’empêchant à moitié de respirer. Elle plissa les yeux, le jaugeant du regard.

— Prépare-toi à mourir lentement, Adam… Le bourreau t’attend. J’attends de pouvoir t’exécuter depuis si longtemps… Mais ne t’en fais pas, tu ne tomberas pas dans l’ombre. Je te propose une décapitation publique. C’est tout à fait sympathique, non ?

Une lueur de folie dansa un instant dans les prunelles rubis, tandis que les lèvres peintes en rouge sang continuaient de sonner le glas du mage brun.

— Tous les habitants de la cité seront là. Les Ailes Pourpres aussi. Ils pourront assister à la déchéance du grand Adam Bloodrush, ancien mage de vent, au service de feu le roi.

Elle éclata de rire.

— Oh, j’ai tellement hâte de voir la défaite se peindre sur leurs visages. J’ai gagné ! Parce que tu vois, Adam, dans les bas-fonds de la ville, les citadins avaient encore un espoir. Mais je vais anéantir cet espoir, sous leurs yeux. Et ensuite, je pourrais faire imploser ce soleil, ce maudit astre qui me pourrit la vie.

Elle cracha par terre, aux pieds du prisonnier, avant de se détourner dignement, et laissa la porte de la geôle claquer sinistrement.
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Lun 28 Juil - 21:40
{ Même si je sais ce qu'il va se passer (je l'ai deviné like a boss uu) ensuite, j'ai peur pour Ad ;A;
En attendant tu t'améliores avec les descriptions en tous cas ! Bon beh continue comme ça j'ai hâte de voir la suite oWo
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Jeu 31 Juil - 16:49
*oups, j'aurais pris mon temps pour commenter* Désolée Nono ! ;3; *Bon, aussi, t'avais mal choisit ton jour pour poster .../brique/*

Je suis pas aussi sûre que Dadam quant à la suite des évènements, mais je veeeuuux *Q* et puis j'ai hâte de voir le moment de gloire de certains autres personnages, pour l'instant un peu moins "mis en avant" par exemple -*kofkof*CARO*kofkof*- ou alors dont je me demande ce que ça va donner -*kofkof*MIRA*kofkof*- ... Allez kitsune-girl !! *\O/* *mode pompom girl*

*et Rita, dans un coin, qui craint pour la vie d'Ad' et pour sa propre peau qu'elle tient pas à voir en déco murale dans le bureau de Camille ;w;*
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Sam 2 Aoû - 20:12
Putain, la suite, ça peut pas s'arrêter là ;3; ! J'ai remarqué un passage avec beaucoup de "Mais", hors de ça tout est génial <3
Awi et. Eno dans tout ça owo;; ?
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Dim 3 Aoû - 22:20
Wow ... Déjà ... La fortune , quoi ! Riche comme Crésus , ptêt même mieux ! Trop awesome XD Et pis , Aaron franchement la classe , Akachi , trop la classe aussi ! Et pis , pauvre Nono ... Toute façon , elle va ... J'ai ma théorie , mais je dis rien x) Vite la suite >w<
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Lun 4 Aoû - 1:12

Spoiler:
 

CHAPITRE VII

Mort et résurrection

Un oiseau chanta. Sûrement un merle. Au loin, d’autres congénères lui répondirent, et un petit point noir s’envola dans le ciel gris qui s’éveillait doucement. Messire Soleil étirait ses pâles rayons sur la cité de Loitaceila, rappelant cruellement l’heure du trépas au mage brun, toujours ferré dans son cachot. Plus loin, les rues s’animaient peu à peu, on ouvrait des volets, des balais possédés faisaient le ménage pendant que leurs propriétaires prenaient une douche, s’habillaient, bref, s’apprêtaient à vivre une vie normale, comme tous les jours. Mais très vite, la ville fut en effervescence, la rumeur se répandit comme une traînée de poudre, et bientôt tout le monde eut dans les mains un tract où il était inscrit « Décapitation publique d’Adam Bloodrush. Tous les habitants sont priés de se rendre dans la cour du château à 14h pour y assister. Les soldats emprisonneront quiconque n’y sera pas. Signé : la reine Akachi. » L’idée que ce grand mage soit en encore en vie mit tout les gens en fête, mais ils furent bien vite tiré face à la sombre vérité : il était entre les mains de la sorcière.

— Les Ailes Pourpres viendront le sauver ! affirmait l’un.

— Pour risquer de se faire avoir aussi ? Ils ne sont pas si fous ! rétorquait un autre.

— Mais l’enjeu est de taille ! Imagines, on pourra retrouver notre liberté grâce à lui !!

— Chut, abruti ! On va nous entendre. Allez, rentre chez toi.

Les deux hommes s’éloignèrent, et une petite tête blonde pointa un bout de chapeau au-dessus d’un tonneau vide, dans une ruelle désaffectée. D’un bond, elle attrapa le prospectus qui traînait pas terre, l’étudia un instant du regard, et courut aussitôt à la base.

— Ils ont eu Adam !! Ils veulent le décapiter !! s’exclama-t-elle en entrant en trombe dans la grande salle de l’auberge. Il faut aller le sauver !!

Rita releva la tête d’un siège où elle somnolait, le regard soudainement apeuré, avant de se reprendre et d’afficher un air neutre.

— Je m’en doutais tiens… Ca va être chaud…

— On va le sauver !! Hein, Rita, qu’on va aller l’aider !! On va le tirer des griffes de la sorcière !

— J’aimerais bien, Abby…

La vampire fit signe à l’apprentie de lui apporter le papier, qu’elle lut en quelques instants. Puis, ses yeux s’embrasèrent, froissant la feuille entre ses mains jusqu’à en faire une boulette qu’elle jeta au loin. Teto, ravi de se trouver un nouveau jeu, se jeta dessus pour le déchiqueter de ses petits crocs pointus.

— Vas réveiller les autres. Faut établir un plan sur le champ.


***


Les trompettes sonnèrent, tandis que les cloches tintaient à qui mieux mieux, célébrant l’horrible victoire de la reine. La foule était rassemblée là, attendant depuis cinq bonnes minutes. La tension montait petit à petit. Au loin, un petit pleurait. Enfin, la reine apparut. Plus éclatante que jamais, elle arborait un large sourire. Pour marquer le coup, elle s’était cette fois drapée d’une robe rouge foncé, croulant sous les soieries et les diamants. Sur son front, elle avait mise en évidence la couronne royale, sortie de la salle des trésors, pour bien montrer sa supériorité. A ses côtés, Akakun veillait fidèlement, et à sa gauche, Aaron avait pris son bras.

— Es-tu bien certaine que les Ailes Pourpres ne tenteront rien ?... murmura-t-il à l’oreille de son épouse, méfiant.

— Ne t’en fais pas, trésor… Mes soldats les maitriseront très bien. Et puis, Camille est là.

Elle jeta un regard entendu à l’elfe qui était postée en bas de l’estrade où le bourreau affutait sa hache. Elle savait que si elle faisait encore une erreur, elle allait suivre le même chemin qu’Adam. Celui-ci apparut enfin, se débattant entre deux gardes qui lui tenaient les bras, l’obligeant à avancer jusqu’à l’estrade. Quelques cris d’encouragements fusèrent, mais ils furent bien vite tus par un regard glacial de la reine-sorcière. Comme le mage restait bloqué au bas des marches, Camille s’avança, plantant la pointe d’une flèche dans son dos pour l’exhorter. Enfin, au bout de cinq minutes, le borgne, essoufflé, était maintenu contre la buche.

— Adam ! hurla quelqu’un.

Il essaya de relever la tête. Rita courait à travers la foule, poussant tout le monde, pour atteindre le brun, mais deux soldats surgirent et attrapèrent la vampire enragée, qui continuait de crier le nom du mage. Ce dernier tenta bien de se défaire de la poigne qui le bloquait. Akachi sourit.

— Tiens donc, mais ne serait-ce pas Rita ?... Parfait.

Elle éleva la voix, s’adressant au mastodonte posté derrière le futur mort, affichant un large sourire cruel. Il lui manquait quelques dents.

— Bourreau ! Qu’on lui coupe la tête !

— Adam !! Adam, non !!

Le reste de la troupe arrivait à toute allure. L’homme leva sa faux, l’air impitoyable.

— ADAAAM ! cria encore la voleuse éplorée.

Il abattit sa faux. La tête du mage roula le long de l’estrade.


***


Elle battit vaguement des paupières. Où était-elle ?

— Hé, tu m’entends ? Hé ho !!

Elle sentit qu’on la secouait. Elle referma les yeux. Elle se sentit flotter. Elle allait au paradis ? Elle espérait qu’ils étaient gentils, là-bas… Que s’était-il passé ? Impossible de se souvenir. C’était trop dur. Le noir recouvrit bientôt ses pensées. Elle eut l’impression de les rouvrir un instant après, mais la lueur alentour avait changé. Il y en avait trop. Elle essaya de bouger, mais ça lui faisait trop mal. Où, elle ne savait pas. Elle ne put que pousser un faible gémissement.

— Elle se réveille !

— Oui, j’ai vu, pousses-toi que je puisse l’ausculter.

Une deuxième voix. Elle n’était pas seule. Où était-elle ? Elle essaya de rouvrir les yeux, les battit une ou deux fois, tandis que ses sensations lui revenaient. Elle était toute engourdie. Elle bougea une main, une jambe. Bon, rien n’avait l’air cassé ni perdu. Tout paraissait opérationnel. Elle sentit qu’on la touchait, la déplaçait, l’observait, avec la désagréable impression d’être un animal en cage.

— Hé, mademoiselle ! Vous pouvez parler ?

Pour toute réponse, elle grogna. Elle entendit la voix dire quelque chose, mais qui ne lui semblait pas destiné. Enfin, sa vue floutée devint plus nette, et elle découvrit un plafond en bois. En tournant la tête, elle vit deux silhouettes, occupées à converser vigoureusement. Elle comprit vite qu’il y avait un homme, et une jeune fille, de son âge sans doute. Elle ne voyait pas très bien son visage, parce qu’il était à moitié caché sous un grand chapeau marron. Elle ne la connaissait sûrement pas. L’autre non plus. Elle n’était pas chez elle. Elle devinait qu’elle n’était pas confortablement roulée en boule dans son hamac multicolore, mais couchée dans un dur lit de bois. Machinalement, elle approcha une main de son visage, et remarqua qu’elle était teintée d’un rouge foncé. Qu’est-ce que c’était ? Elle leva difficilement l’autre bras. Ses doigts étaient colorés de la même façon. Activant un neurone après l’autre, elle comprit que c’était du sang. Elle eut un instant de panique. Qu’avait-elle fait pour être tachée de sang ? Un bref flash lui apparut. L’homme blond, la lame argentée qui file vers sa chair, le sang qui gicle. L’herbe humide qui l’accueille. Les pas de l’homme qui s’éloigne. La douleur qui la fait gémir. Le silence qui lui répond. Puis l’obscurité qui l’engloutit. D’autres souvenirs firent surface. La reine. Le banquet, les invités, Akakun, les Ailes Pourpres. Ce mot flotta un instant dans le vide. C’était quoi, ça, déjà ? Elle sursauta. Etait-elle entre leurs mains ?! Etaient-ce eux qui avaient voulue l’assassiner. Non, elle était encore en vie. S’ils avaient essayés de la tuer, ils n’auraient pas pris la peine de la sauver. Alors, sans doute était-elle dans l’infirmerie de la reine ? Prenant douloureusement appui sur ses paumes, elle tenta de se mette en position assise, mais un éclair de souffrance traversa son ventre, et elle retomba sur son matelas en haletant. Ayant aperçus sn mouvement du coin de l’œil, le type s’approcha précipitamment.

— Non, mademoiselle ! N’essayez pas de vous lever !!

Il posa une main sur son épaule.

— Vous avez été poignardée au ventre, il y a, je dirais minimum deux jours. C’est incroyable que vous ayez survécue… Vous vous souvenez de quelque chose… ?

— Où ?.. Où suis-je ? souffla tout bas la jeune fille, plutôt que de répondre.

— Ne vous en faites pas, vous êtes en sécurité. Vous rappelez-vous comment était votre agresseur ?

— Je…

Elle comprit vite qu’elle ne saura rien tant qu’elle n’aura pas répondu elle aux questions.

— Il était blond. Habillé de noir. Je crois. Je ne sais plus très bien… Désolée.

La jeune fille se pointa derrière le mec.

— Et c’est moi qui t’ai trouvé ! Alors j’ai lancé un sort de téléportation et je t’ai ramené ici !

— Dis plutôt que tu as gaspillé trois pierres de téléportation en te trompant d’endroit.

— Mais c’quand même moi qui l’ait sauvée !

La chamaillerie arracha un sourire à la blessée.

— En tous cas, merci, alors.

— C’est incroyable que tu ai survécu, tu étais bien éventrée, et tu avais perdu beaucoup de sang. En tous cas, tu devras te reposer encore un jour ou deux.

— Très bien...

Elle savait très bien qu'elle était vidée de son énergie magique. Si elle en avait eu, elle aurait pu se soigner, là, tout de suite, mais comme l'avait dit le médecin -elle supposait que c'était un docteur- il lui faudrait un jour ou deux. Elle soupira. L'infirmier s'éloigna, tandis que la demoiselle s'installait près d'elle.

— Ca va ? Moi c'est Abby ! Tu sais, j'ai eu peur quand je t'ai vu, j'ai cru que t'étais déjà toute mourrue ! Y'avait pleiin de sang autour, c'était pas beau. Même que j'ai crié, et que j'ai falli vomir.

— Désolée de t'avoir fait peur, répondit l'autre en riant un peu, ce qui lui fit un peu mal.

Le docteur s'approcha, lançant à Abby :

— Allez, laisse-la tranquille, elle a besoin de se reposer. Vas plutôt prévenir les autres qu'elle s'est réveillée.

— Oui !

La petite sorcière bondit sur ses pieds et s'en alla en trottinant, allant diffuser la nouvelle.


***


Elle poussa la porte, pénétrant dans une grande salle d'auberge emplie ici et là de groupes de gens tous plus différents les uns que les autres. Sorcières, mages, vampires, ou simples humains tournèrent tous le regard vers elle, et elle déglutit, soudainement mal à l'aise. L'atmostphère qui régnait dans cette pièce n'était pas des plus chaleureuses, bien que beaucoup reprirent aussitôt des discussions passionnés, autour de cartes ou de parchemins. Soulagée qu'ils se désintéressent à elle, la jeune fille, pieds nus sur le froid parquet de bois sombre, fit un pas, sans savoir à qui s'adresser, ni où aller. Alors, elle scruta alentour, à la recherche d'une aide quelconque. Peu de lumière entrait dans la pièce, surtout parce que la plupart étaient condamnées de planches, qui filtraient quelques rayons de soleil, ce qui étonna la demoiselle. Pourquoi ne pas employer la magie ? Néanmoins, elle n'eut pas le temps de s'interroger davantage. Une sorcière blonde lui sauta littéralement dessus.

— T'es debout !! Tu t'es remis vite, dis donc ! Tant mieux, hein. C'est super !! Viens, viens, que je te présente les autres !!

Elle se laissa donc entraîner timidement par la main vers une table ronde, où étaient installé une petite troupe. Elle reconnut vite des mages élémentaires, une vampire, et un humain, qui n'avait pas l'air trop en pleine forme. Embarrassée, elle se stoppa devant, tandis que sa seule connaissance sautillait à côté d'elle.

— Alors, commença-t-elle, la vampire trop cool là, avec les cheveux multicolores trop classes, c'est Rita, la meilleure voleuse de la secte, à côté à Amber, c'est une mage de l'eau, même qu'elle peut contrôler la neige ! Là, la rousse c'est Mira, elle c'est le feu, et Caro, la brune, c'est la terre ! Et les plantes ! Et le brun, finit-t-elle en le pointant, c'est Adam ! Et puis y'a moi, mais moi tu me connais. Allez, à toi de te présenter !!

Tandis que le moulin à parole s'égrenait, l'inconnue avait fait un signe poli à chaque personne qu'on lui présentait, et chacun le lui rendait. Gênée, elle ne sut quoi dire sur le coup, venant entortiller une de ses mèches de cheveux autour de l'index.

— Bon eh bien... Moi c'est Enola, je suis une fée... Et la princesse du Royaume de Sugar. Enchantée de vous rencontrer !

Les autres la détaillèrent du regard, découvrant une jeune fille plutôt mince et maigre, un peu palotte, habillée d'une simple chemise blanche longue, qui lui descendait aux chevilles, un peu tachée de sang, aux longs cheveux blonds tombant jusqu'aux fesses, mi-bouclés, mais salis et ternes, qui encadraient son visage ovale illuminé par de grands yeux verts émeraudes, qui brillaient faiblement dans la pénombre. Zieutant ses pieds, elle ne remarqua pas la vampire hausser un sourcil à sa présentation, et se pencher vers la dénommée Amber pour lui chuchoter quelque chose à l'oreille. En réponse, elle fit un signe montrant qu'elle ne savait pas. La jeune femme prit donc la parole.

— Bien, enchantée aussi... Tu te souviens de ce qu'il s'est passé ?

Et voilà qu'on l'obligeait encore à tout expliquer sans rien savoir en retour. Cependant, intimidée, elle s'exécuta.

— Je me souviens qu'on m'a poignardée...

— Tu as une idée de pourquoi ?

Elle secoua la tête.

— Non, je n'en sait rien... A moins que je n'ai offensé quelqu'un, mais...

— Et si c'était parce que tu étais une princesse ?

— Je n'ai rien d'une princesse ! Tout le monde m'aime, dans mon royaume, je ne suis pas riche, je vis aussi humblement que les habitants de mon pays... Non, franchement, je n'ai jamais reçu de menaces de mort, on ne m'a jamais agressée pour une rançon, tout ça...

Elle avait l'impression d'être à un interrogatoire de police, et ça lui plaisait pas forcément. La vampire était bien une représentante de son espèce telle que la fée se le représentait. Froids, posés, inquisiteurs, pas sympathiques pour deux sous. Les autres avaient l'air bien plus gentils, sauf peut-être ce type, là, qui tirait la tronche. Pourquoi, elle ne savait pas...

— On pourrait m'expliquer où je suis ?
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Lun 4 Aoû - 1:36
Le pauvre Adam!! ;A;
Mais je m'y attendais tellement aussi...
J'adore, c'est prenant et le fait que ce ne soit pas rose et qu'il y a de "drames" rappelle à la détresse du royaume.
Je suis sur qu'n jeu de rôle dans ton univers serait trop prenant **
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Lun 11 Aoû - 9:57
Alors.
Akachi est la Reine de Coeur. De plus en classe cette tyranne *w*
Et... Ok Dadam. Ok. Pas crier. Pas taper. Pas tuer super awesome Akachi. Pas bougeeeeeeeeeer... (Moi je dis qu'il va revenir plus tard Ad', huéhuéhué...)
Ah et, ce moment de chagement de PoV, où j'ai mis douze ans à piger qu'on parlait d'Eno et pas de Riri XD;;
Abby me fait trop tripper, elle est génial XD !
Adadadadada... KEUWA. LA SUITE. TOUT DE SUITE. *A*
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