Les chaînes de l'enfer

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Dim 12 Aoû - 16:46
Cette petite histoire est hors contexte, du moins du lycée Pandora et n'est pas centré sur mon personnage ^^ J'espère que vous comprendrez. Je ne sais plus pourquoi j'écris ça, et ce n'est que le début mais l'extrait que je vais y mettre n'a pas besoin de suite. J'avais probablement l'âme en peine lorsque j'ai écrit ce début *rire*

Evidemment, c'est une pure invention et ça ne s'est jamais passé dans le manga, du moins je ne me rappelle pas avoir lu ça quelque part... enfin. Je sais que ça fait un peu morbide et vous devez probablement penser que je hais le personnage, mais pas le moins du monde en fait. Après tout, qui n'aime pas les personnages de PH ?

Bref... tout ça pour dire que c'est une pure invention de ma part et que si vous le désirez, je peux poster la suite, mais ça c'est vous qui voyez ^^




Autour de lui, une centaine de personne étaient assises dans de hauts gradins d'une blancheur immaculée, tout comme les façades de l'immense bâtiment au toit en forme de dôme réfléchissait les rayons du soleil, l’aveuglant. Il porta les longues manches de sa redingote à son visage et plissa son œil valide, qui, par miracle, avait retrouvé la vue de ses vingt ans. Il pouvait discerner avec netteté ce qui l’entourait. Ce qui en soi était bien étrange. En temps normal, les choses n’étaient pas si claires. Que se passait-il donc ?

Break s’habitua peu à peu à la clarté aveuglante et abaissa ses avant-bras, observant avec une incrédulité contrastée d’horreur les personnes installées dans les gradins. Toutes étaient parfaitement calmes, immobiles. Impassibles. Elles avaient posé leurs mains sur leurs genoux. Ou du moins ceux qui avaient encore des genoux ou des mains. Car tous ces gens étaient comme de vieilles poupées rapiécées ; il leur manquait à tous une partie du corps. Un œil, un bras, une jambe, un morceau de crâne, un nez, des lèvres, une partie de la mâchoire ou bien même la tête ou le torse. Ceux qui ne possédaient pas de tronc semblaient flottés dans les airs, leur tête accrochée à un corps invisible, tout comme l’étaient les bras et les jambes.

Encore un point commun à tout ce monde : leurs yeux, ou ce qu’il en restait, étaient rivés sur Xerxes Break.

L’odeur du sang emplissait la pièce et la vue de tout ce liquide pourpre sur ces humains donnait des haut-le-cœur au valet de la maison Rainsworth. Pourtant, celui-ci avait vu plus d’atrocités que cela ; mais pour une raison qui lui était inconnue, tout ceci lui faisait plus d’effet qu’il n’aurait voulu l’exprimer. Il y avait comme une sorte d’aura qui s’émanait de ces spectateurs silencieux et impavides. Une aura qui le rendait terriblement mal à l’aise.

Soudainement, une silhouette se profila tout en haut du balcon qui surplombait la salle mais aucune tête ne se tourna vers la maigre ombre qui avait brusquement fait son apparition. Pas même lorsque sa voix tonna dans la pièce et vrilla plus qu’à n’importe qui d’autre les tympans de l’albinos.

- Kevin Regnard, vous êtes accusé du meurtre de cent seize personnes. Toutes ont eu la bonté de se présenter ici-même, en ce lieu, en cet instant, pour rendre leur jugement. Je ne suis que l’humble personne qui transmettra leur parole. Car, comme vous devriez le savoir, tous n’ont pas la chance de disposer de ma capacité à m’exprimer. Mais bien évidemment, ce ne sont pas les seuls sévices dont ont été victimes ces pauvres gens. N’est-ce pas, monsieur Regnard ?

Break était tétanisé. Son œil carmin était écarquillé à tel point qu’on aurait été en droit de se demander s’il ne voulait pas faire un zoom sur le porte-parole des morts. Il sentait un goût de bile remonter insidieusement dans sa trachée et ses mains aux longs ongles formaient deux poings serrés et tremblants ; il sentait son cœur battre à tout rompre, comme s’il allait prochainement exploser. Il n’osait même plus avaler sa salive. Des gouttes de sueur perlaient sur son front pourtant glacé tandis que son cerveau faisait gonfler la plainte qui résonnait en lui.

En face de l’ancien contractant illégal se tenait la fille de la famille Sinclair déchue.

- Non, pas toi, supplia-t-il d’une voix étranglée. TOUT MAIS PAS TOI ! cria-t-il, fermant les yeux et se retenant à grand-peine d’implorer un quelconque dieu miséricordieux à genoux.

Son hurlement douloureux résonna dans la salle de jugement, ne faisant ni chaud ni froid à la fillette qui le toisait durement.

- Pour commencer, je vais énoncer tes crimes. En tout premier lieu, tu as abandonné une fillette à son propre sort, alors que ses parents venaient à peine d’être sauvagement assassinés, tout ça pour aller passer un pacte avec une chain du nom d’Albus le Chevalier Blanc. Ce qui t’as ensuite mené à une folie meurtrière sans précédent. Tu as donc tué sans relâche ni pitié les personnes ici présentes.

- Je ne voulais pas… je ne voulais pas t’abandonner ! s’écria-t-il, désespéré. Tu comptes plus que tout pour moi, tu étais ma charmante maîtresse et moi ton fidèle serviteur… je ne voulais que te rendre heureuse, tu comprends ? Je suis parti pour tenter de changer le passé et…

- Et satisfaire tes besoins égoïstes d’alléger ta culpabilité de ne pas avoir été là lors de l’assassinat de tes chers maîtres. Ton but aurait été de changer le cours de l’histoire afin de faire revivre mes parents. Je sais tout cela, monsieur Regnard. Mais cela n’empêche pas que…

- Ne m’appelle pas « monsieur Regnard »… appelle-moi Kevin, comme avant… tu te souviens ?

La fillette posa pour la première fois son regard sur le visage de son ancien serviteur. Elle le revit comme ce jour-là. Prostré, suppliant, ses yeux de rubis magnifiques brillant de l’éclat malheureux qu’elle détestait percevoir en lui. Il était parti malheureux. Et aujourd’hui encore, il n’avait jamais connu le bonheur. Il l’avait simplement effleuré du bout des doigts, lorsqu’il était avec Sharon et Reim…

- Tu n’as pas honte ? frémit-elle. Tu te sers de ces malheureux comme des mannequins de bois, des poupées de porcelaine ! Ce ne sont pas des jouets de substitution ! Le comprends-tu, cela ? Ils ne pourront jamais remplacer les êtres que tu as perdus ! Sharon… elle n’est pour toi que mon reflet aux contours indistincts. Elle te sert à te racheter, à réussir à protéger ta maîtresse. Mais elle n’est pas moi ! Tu as échoué ! Et tu essaies misérablement de soulager tes remords ! martela-t-elle.

Xerxes fut sur le point de vomir ; son œil valide se remplit de larmes longtemps contenues et ses lèvres se mirent à trembler. Pire, miss Sinclair semblait bien lancée et pas décidée à s’arrêter.

- Et puis, Reim… ce faux dur au cœur d’or. Tu n’aurais pas pu trouver mieux comme meilleur ami. Quelqu’un qui te pardonnerais facilement tous tes mensonges, tes crimes et tes actes idiots ! Quelqu’un, qui, de surcroît, te laisse le malmener par ta personne égocentrique et insensible. Il est ton souffre-douleur, pauvre imbécile ! Tu fais passer tes nerfs sur ce pauvre homme, tu lui mens, tu ne lui laisses même pas la simple possibilité de s’inquiéter pour toi ou de te dire à quel point tu lui es cher ! Car tu n’es pas prêt à ça, pas vrai ? Tu ne veux pas qu’on te dise qu’on t’aime. Tu dévies dans le mélodrame et tu te fais passer pour le héros tragique qui refuse qu’on souffre à cause de lui. Mais ça, tu vois, ce n’est qu’une façade que tu te donnes à toi-même. Tu te rends compte ? Tu en es réduit à te mentir ! Mais je suis sûre qu’au fond, tu meurs d’envie qu’on te dise que tu es indispensable. Tu as envie de combler un vide, d’aider, de te faire pardonner, expliqua-t-elle, une moue de dégoût agitant son joli visage.

Break l’observait sans rien dire, ou plus exactement, en étant dans l’incapacité de ne serait-ce que produire un son. Tout ce qu’elle disait était juste. C’était comme si elle était dans sa tête et savait tout de ses moindres pensées. La douleur irradiait dans la poitrine de l’albinos, pile à l’endroit où était gravé à jamais son Sceau. Parallèlement, son interlocutrice ne semblait pas avoir besoin d’air et parlait en discontinu.

- Mais voilà, une fois de plus, tu as échoué. Tu n’as fait que faire souffrir encore plus ton entourage. Je te dédie même une mention spéciale de débilité profonde. Et également une médaille d’égoïsme. Tu veux un trophée, maintenant ? Attends, laisse-moi chercher… ah mais oui, suis-je bête ! Je te remets le trophée du meurtrier qui a commis le plus d’homicides ! Bravo ! Applaudissons tous Kevin Regnard, le grand héros de tragédie ! clama-t-elle en frappant énergiquement dans ses mains délicates.

Suite à sa tirade s’éleva alors un tumulte assourdissant, emplit d’applaudissement pour ceux qui le pouvaient, de quolibets et d’insultes pour ceux qui étaient capables de parler.

Puis des chaînes s’enroulèrent autour des poignets et des chevilles de Xerxes, l’obligeant à s’agenouiller au centre de cette pièce devenue un véritable océan de haine et de rage. Il sentait les larmes ruisseler sur sa joue droite, une fois de plus prostré face au malheur.

- Qu’on lui enlève son dernier œil ! hurla une femme dans la foule de défunts en fureur.

Le sang de Break se glaça. Il voulut porter une main d’albâtre à son unique œil mais les chaînes l’empêchèrent de bouger. La demande sanglante fut répétée dans la cohue puis dans un seul cri, un seul souffle, les morts qui le pouvaient hurlèrent la sentence. La petite Sinclair sauta de son balcon et atterrit avec douceur sur le sol, s’avançant avec disgrâce, claudicant.
L’albinos ne put s’empêcher de demander :

- Qu’est-il arrivé à ta jambe ?

- Ça ? fit-elle en relevant sa longue robe et en découvrant une jambe scarifiée et suintante.

Le valet eut un frisson de dégoût et à la fois une nouvelle vague de culpabilité.

- Je… pardonne-moi, je n’aurais jamais dû te laisser… je ne voulais pas… c’était pour toi que je l’ai fait, j’ai cru pouvoir revoir un sourire illuminer ton visage si doux…

- Cesse de pleurnicher, tonna-t-elle. Ce que m’ont fait mes meurtriers ne te regarde pas. Et puis, si tu avais vraiment voulu me rendre le sourire, tu serais resté auprès de moi pour m’aider à me relever de la mort de mes parents.

- Je le sais… mais je n’en ai pris conscience qu’après coup… comprends-moi, seul ton bonheur m’importait…

- « T’importait » ?

- Tu es… au ciel, maintenant, chuchota Xerxes. Ma priorité réside maintenant en Sharon… et Reim.

- « Au ciel » ! s’esclaffa la fillette. Quoi ? Après tous ces meurtres, le mot « mort » te ferait peur ?

Et sur cette phrase, elle éclata d’un rire amer, tandis que Break baissait la tête.

- Tu ne mérites ni l’affection, ni la compassion que te portent Sharon et Reim, Regnard.

- Je sais, murmura ledit Regnard en closant ses paupières.

Puis, avec une sauvagerie insoupçonnée, son jeune bourreau saisit une touffe de cheveux blanche et l’obligea à découvrir le trou béant qui remplaçait son œil gauche, avant d’enfoncer sa main dans l’orbite droit de l’albinos, qui poussa un cri effroyable, la douleur le transperçant. Elle lui arracha son dernier œil et le jeta à terre sans plus de cérémonie, le laissant agoniser et se tortiller au sol en hurlant.




Oui, ça se finit comme ça, ce n'est pas une blague. Et je précise, au cas où ça ne serait pas clair, que c'est un cauchemar. Si jamais vous demandez une suite, ce sera le réveil ^^. En tout cas, un immense merci de m'avoir lu et j'espère que ça vous aura au moins un peu diverti.

Excusez-moi si quelque chose là-dedans vous a choqué (sait-on jamais).

Encore merci de votre lecture *s'incline bien bas*
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Dim 12 Aoû - 17:07
J'aime beaucoups... La fin est très sympathique....
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Dim 12 Aoû - 17:10
Euh... merci ?
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Dim 12 Aoû - 17:16
Oui, c'est une remarque positive!
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Dim 12 Aoû - 17:17
Ah bon ^^

Merci alors ^^
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